July 16, 2018

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué un attentat-suicide contre un meeting électoral. Cette attaque a fait au moins 128 morts vendredi dans le sud-ouest du Pakistan, selon l'agence de propagande de l'organisation djihadiste, Amaq.

Le bilan a grimpé à 128 morts«, a déclaré le ministre provincial de l'Intérieur Agha Umar Bungalzai. Un précédent bilan de cet attentat qui a été revendiqué par le groupe Etat islamique faisait état de 85 morts.

Il s'agit du deuxième attentat visant vendredi un meeting électoral au Pakistan, où des élections législatives doivent se dérouler le 25 juillet dans un climat de plus en plus tendu.

L'explosion a eu lieu dans un complexe où se déroulait un meeting politique, avait auparavant précisé un responsable de l'administration locale, Saeed Jamali.

L'évacuation des morts et des blessés a dû se faire en grande partie dans l'obscurité faute d'électricité, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

Candidat visé

Selon le ministre de l'Intérieur de la province du Baloutchistan, Agha Umar Bungalzai, il a visé un rassemblement de l'homme politique Mir Siraj Raisani, qui est décédé. »Il a succombé à ses blessures lors de son transfert vers Quetta«, a-t-il dit. Il était candidat à un siège de député provincial sous l'étiquette du parti Baluchistan Awami Party (BAP).

Plus tôt dans la journée, une bombe cachée sur une moto avait explosé près de Bannu (nord-ouest) au passage du convoi d'un autre candidat aux élections, tuant 4 personnes et en blessant une quarantaine d'autres, selon la police. L'homme politique visé, Akram Khan Durrani, représentant d'une coalition de partis religieux, le MMA, a survécu à l'attaque.

Sécurité renforcée

Un attentat-suicide revendiqué par les talibans pakistanais avait également visé mardi soir une réunion électorale du Awami National Party (ANP) à Peshawar (nord-ouest), tuant 22 personnes dont l'homme politique local Haroon Bilour, selon un nouveau bilan.

«Les autorités pakistanaises ont le devoir de protéger les droits de tous les Pakistanais en cette période d'élections: leur sécurité physique et leur capacité à exprimer librement leurs opinions politiques, quel que que soit le parti auquel ils appartiennent», a réagi Omar Waraich, directeur adjoint pour l'Asie du Sud à Amnesty International.

L'armée a indiqué plus tôt cette semaine prévoir le déploiement de plus de 370'0000 hommes pour assurer la sécurité le jour du vote.

Arrestation de Nawaz Sharif

Par ailleurs, l'ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif et sa fille Maryam ont été arrêtés vendredi à leur retour dans leur pays, où ils ont été condamnés la semaine dernière à de lourdes peines de prison pour corruption. Le chef de file de la Ligue musulmane pakistanaise-Nawaz (LMP-N), rentré de Londres pour tenter de contribuer au succès de sa formation aux législatives du 25 juillet, est arrivé vers 20h45 (18h45 en Suisse) à Lahore, où des hommes en uniforme l'ont aussitôt interpellé avec sa fille.

Un porte-parole de la LMP-N a confirmé peu après leur arrestation. Selon une chaîne de télévision locale, ils ont ensuite quitté Lahore à bord d'un autre avion. Une dizaine de milliers de partisans de l'ancien chef du gouvernement s'y étaient rassemblés pour l'acclamer.

Son retour pourrait donner un nouveau tour à une campagne émaillée d'accusations envers l'armée, soupçonnée de chercher à favoriser le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) dirigé par l'ancien champion de cricket Imran Khan.

Des heurts entre partisans de Nawaz Sharif et forces de l'ordre ont éclaté vendredi sur une grande artère de Lahore, où un imposant dispositif policier avait été déployé, selon un journaliste de Reuters sur place.

Le réseau de téléphonie mobile a par ailleurs été désactivé en milieu d'après-midi, alors que 10'000 personnes emmenées par Shehbaz Sharif, frère de Nawaz et chef de file de la LMP-N, bravaient l'interdiction de manifester en vigueur dans toute la ville.
(ats/nxp)

Retrouvez à travers les articles l'actualité complète de la Guinée, de l'Afrique et du Monde.

No Comments