3 bonnes raisons de s’interroger sur la place des femmes au cinéma

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Présenté en septembre dernier au Festival de Deauville, « Tout Peut Changer, et si les Femmes Comptaient à Hollywood » de Tom Donahue, en salles le 19 février, nous interroge sur la sous-représentation des femmes dans l’industrie cinématographique américaine. Nous vous donnons trois raisons d’en prendre acte.

Tout Peut Changer, et si les Femmes Comptaient à Hollywood : un film précurseur et annonciateur

En travaillant sur Casting By, son premier long-métrage documentaire, Tom Donahue a constaté le poids conséquent posé par la question du sexisme sur l’industrie cinématographique hollywoodienne. Environ deux ans avant l’avènement des mouvements #MeToo et Time’s Up, il a donc commencé à interroger plusieurs femmes pour comprendre les maux pernicieux et profonds qui gangrénaient la fameuse machine de rêves. Si les témoignages étaient d’abord timorés, l’explosion de l’affaire Weinstein a brusquement libéré la parole et permis de voir éclore Tout Peut Changer, et si les Femmes Comptaient à Hollywood, un instantané précis et glaçant de tout un système, huilé et implacable, qui, depuis la nuit des temps, est régi par les hommes. Des décisionnaires qui, souvent, rabaissent la femme en asseyant leur toute-puissance. Pour autant, Donahue ne tombe pas dans le piège du brûlot et envisage son labeur comme une main tendue à la gent masculine afin qu’elle prenne conscience d’une situation tristement séculaire et qu’elle favorise les bonnes dispositions pour inverser la vapeur.    

Meryl Streep dans « Tout Peut Changer, et si les femmes comptaient à Hollywood ? ». © Alba Films

Des femmes montent au créneau

Si c’était un long-métrage de fiction, il aurait probablement revendiqué l’un des plus beaux castings de l’Histoire du cinéma. Pour les besoins de ce docu, Donahue a en effet interrogé le gratin de l’acting. Une initiative propice à des révélations édifiantes. « Pour que le système dans son ensemble bouge en profondeur, il faut que ce changement englobe tout le monde. Il faut qu’un changement se produise immédiatement« , lance par exemple Cate Blanchett, qui figurait parmi les 82 femmes ayant monté les marches cannoises en 2018 pour épingler le sexisme endémique du secteur. « Il y a des réalisateurs qui voulaient que je m’assoie sur leurs genoux ? Et si je refusais, on me renvoyait dans ma caravane. Et je leur ai dit : ‘Tom Hanks s’assoit-il sur vos genoux ?’« , livre Sharon Stone. « Le progrès se fera quand les hommes prendront position« , avertit, avec gravité, Meryl Streep. Comme ces trois actrices, d’autres se succèdent aussi au micro : Natalie Portman, Reese Witherspoon, Sandra Oh, Jessica Chastain, Chloë Grace Moretz ou encore l’une des papesses de la télé, Shonda Rhimes…   

Geena Davis, guerrière devant et derrière l’écran

La force de ce projet réside en grande partie dans les chiffres imparables qu’il évoque. Autant de données qui ont notamment été collectées par le Geena Davis Institute Of Gender in Media, créée par l’actrice (militante) du même nom. Il s’agit de l’unique organisme de recherche du secteur médias et divertissement luttant contre les inégalités hommes/femmes et les stéréotypes sexistes. « Quand j’ai réalisé qu’il y avait moins de personnages animés féminins que masculins, ça m’a bousculée. Ce déséquilibre est fou. Je me suis dit : ‘Que faire face à ça ? On est quand même au 21e siècle !’« , nous avait confié l’intéressée. Sacrée trajectoire pour la comédienne qui, dès le début des années 90, était déjà considérée comme une icône féministe grâce au film Thelma et Louise de Ridley Scott. Ses rôles de base-balleuse dans Une équipe hors du commun et de badass dans Au-revoir à jamais avaient définitivement cimenté cette réputation. Depuis, Geena Davis, figure centrale du documentaire en question, passe le plus clair de son temps à développer sa fondation, travaillant entre autre avec des décideurs et des créateurs à travers des ateliers, des stages, des séances d’évaluation… Tout un programme pour un monde meilleur.





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