À Abidjan, un colloque sur l’engagement sociopolitique de l’Église

Colloque Itcj-Icma sur l’engagement sociopolitique de l’Église/ Guy Aimé Eblotié

L’Institut de théologie de la compagnie de Jésus (ITCJ) et l’Institut catholique missionnaire d’Abidjan (Icma) ont organisé, du jeudi 14 au vendredi 15 février, un colloque pour réfléchir sur l’engagement sociopolitique de l’Église Famille de Dieu.

Théologiens, religieux, religieuses et laïcs se réunissent, depuis le jeudi 14 février, à l’amphithéâtre de l’Institut de théologie de la compagnie de Jésus (ITCJ), à Abidjan, pour échanger sur l’engagement sociopolitique de l’Église famille de Dieu.

« Nous avons constaté que, depuis 1990, l’Afrique subsaharienne traverse des crises sociopolitiques en lien avec l’alternance politique, note le père Jean Messingué, prêtre jésuite et responsable de l’organisation de ce colloque. L’objectif de cette rencontre est de nous interroger nous-même, de faire écho du cri du peuple concernant l’engagement sociopolitique, et d’élaborer des stratégies pastorales pour que l’Église assume davantage et de manière plus efficace son engagement social et politique. »

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Organisée par l’ITCJ et l’Institut catholique missionnaire d’Abidjan (Icma), cette rencontre a permis de revisiter l’histoire contemporaine de l’engagement de l’Église d’Afrique au plan social et politique. Dans le parcours historique qu’il a présenté, le père Ambroise Mandah, professeur d’histoire de l’Église à l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (Ucao), estime que l’Église d’Afrique a connu de nombreux succès en lien avec son engagement sociopolitique, même si les défis demeurent globalement les mêmes aujourd’hui car la situation de l’Afrique n’a pas changé.

Selon l’historien, le défi fondamental pour l’Église en Afrique est de rester neutre dans ses actions et ses prises de position. Elle pourrait y parvenir en s’appuyant sur ses moyens de communication pour expliquer ses actions « car tout ce que fait l’Église est interprété dans un sens ou dans l’autre ». Aux yeux du père Mandah, un autre défi est de combler les attentes du peuple qui a besoin « parfois de voir des prêtres et des évêques qui prennent une position claire et dont les prises de position les poussent à l’action ».

Lien inaliénable

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« La présence de l’Église dans la sphère sociopolitique découle d’un rapport inaliénable entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique, considère, pour sa part, le père Paul Zikpi, franciscain, professeur de théologie morale à l’Icma. On ne peut pas supprimer ce rapport en disant que le religieux n’a rien à voir dans le domaine politique ou que la politique n’a aucune influence dans le domaine religieux parce que les deux domaines concernent la même humanité. » Pour lui, même si les politiques souhaitent que les religieux ne se prononcent pas sur leurs pratiques, leurs prises de décision et leur programme, « il ne peut en être ainsi, sinon le religieux ne serait plus le gestionnaire de la création et porte-parole de Dieu qui a tout créé et qui veille sur tout ».

Rôle des laïcs

Mais l’engagement sociopolitique de l’Église n’est pas seulement une responsabilité qui incombe aux seuls clercs. « La place des laïcs est fondamentale car, comme le dit Vatican II, ils sont ceux qui sont dans le monde, et sont eux les premiers protagonistes de cet engagement, commente le père Aurélien Folifack, professeur de Bible. Malheureusement, beaucoup de chrétiens séparent leur vie professionnelle de leur vie chrétienne. Il y a un réel problème de formation des laïcs qui doivent pouvoir comprendre ce que signifie être laïc, ce que l’Église attend d’eux, et ce que signifie être chrétien dans la cité. »

Guy Aimé Eblotié (à Abidjan)





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