Au Forum de Paris pour la paix, le retour en grâce de la RD-Congo et les regrets du G5 Sahel

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Sur la trentaine de chefs d’État et de gouvernements présents au deuxième Forum de Paris sur la paix, ces 12 et 13 novembre, une douzaine est venue d’Afrique : du Sahel – Mali et Niger -, ou d’Afrique centrale – Cameroun et RD-Congo (RDC). Parmi ces chefs d’État, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a été particulièrement distingué par l’Élysée.

Aide militaire de la France

Emmanuel Macron lui a annoncé publiquement plusieurs engagements. Sur le volet sécuritaire, d’abord, il lui a promis son soutien militaire dans la lutte contre les groupes armés qui sévissent dans le Kivu, dans l’est de la RDC : sous la forme du renseignement et de la coopération militaire.

Cette annonce n’est pas sans faire écho aux nouvelles opérations militaires conduites dans cette région par Kinshasa contre deux de ces mouvements : la rébellion hutue créée par des responsables du génocide perpétré contre les Tutsis du Rwanda, les FDLR, et le groupe « islamique » d’origine ougandaise, les ADF. Elle s’inscrit dans la campagne diplomatique du président congolais en direction des pays de la sous-région pour monter une offensive commune contre les « forces négatives » du Kivu.

RD-Congo : le Kivu, théâtre d’une vaste mobilisation militaire et diplomatique

65 millions d’euros pour le développement de la RDC

Sur le chapitre du développement, le président français lui a annoncé une aide de 65 millions d’euros « pour accompagner le travail de modernisation et de transformation de la RDC du président Tshisekedi ». Elle portera notamment sur l’éducation, la santé, la francophonie et la préservation de la forêt. Emmanuel Macron a aussi indiqué son intention de se rendre en RDC « dans la deuxième moitié de 2020 », après le sommet France-Afrique prévu en juin à Bordeaux.

Un nouveau tournant dans les relations franco-congolaise

L’attention particulière réservée au président congolais au Forum de Paris sur la Paix acte le tournant engagé par la France, en mai, pour se rapprocher du président congolais élu en janvier dans des conditions jugées, alors, par la diplomatie française peu crédible. Elle avait estimé, à l’annonce de la victoire de Félix Tshisekedi, que Martin Fayulu était « a priori » le vainqueur de l’élection présidentielle.

En février, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves le Drian avait ajouté que la victoire de Félix Tshisekedi était le résultat d’« une espèce de compromis à l’africaine ». Mais le 20 mai, le chef de la diplomatie française s’est rendu à Kinshasa pour faire amende honorable, déclarant : « Il y a eu une vraie élection démocratique validée par la Cour constitutionnelle et validée par l’Union africaine. Et cette alternance, qui est effective, se concrétise aussi par des actes. Ce n’est pas uniquement une alternance du discours. »

Iran, Congo, Sahel : Jean-Yves Le Drian précise l’action de la France

Au palais de l’Élysée, où il était invité à dîner le 12 novembre, Félix Tshisekedi s’est dit « heureux de voir la France revenir en pointe ». « Je veux que la France soit beaucoup plus présente en ce moment en Afrique », a-t-il ajouté, en disant préférer le terme « coopération » à celui d’« aide ».

Appel à la solidarité internationale des chefs d’État du Sahel

Les présidents du G5 Sahel présents à Paris ont parlé de sécurité et d’aide au développement, jugeant que la communauté internationale n’est pas au rendez-vous alors que la situation ne cesse de se dégrader.

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, a déploré la surdité du monde à leurs appels à la solidarité. Un point de vue partagé par le président tchadien Idriss Deby : « Des amis, des donateurs, des partenaires techniques et financiers nous ont promis plus de 12 milliards de dollars pour développer cette zone sensible », a-t-il déclaré sur RFI dans une émission enregistrée au Forum de Paris sur la Paix et diffusée mercredi 13 novembre. « Nous avons fait nos projets mais jusqu’au jour où je parle, en ce qui concerne le Tchad, aucun de ces projets n’a été financé. On n’a pas les financements (…) qu’on nous donne cet argent. », a-t-il ajouté.

« Nous nous sentons comme esseulés, a fait savoir le président nigérien Mahamadou Issoufou. On nous écoute avec politesse, avec un petit sourire entendu, mais à l’arrivée il n’y a pas grand-chose. »





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