Au G7, la marche de toutes les protestations se déroule dans le calme

Les organisateurs du contre-sommet du G7 ont réussi leur pari : rassembler aux alentours de 10 000 personnes pour une marche dans le calme, samedi 24 août. Partie de France, sur le port d’Hendaye, la manifestation s’est dispersée de l’autre côté du pont qui débouche en Espagne, dans la ville de Irun, sans incident notable.

Les craintes de violences étaient pourtant fortes. À Hendaye comme Irun, de nombreux commerçants avaient baissé le rideau et même barricadé leur vitrine, donnant aux rues un air de ville morte. Mais les forces de l’ordre, présentes en nombre, ont pris soin de rester discrètes. De leur côté, les organisateurs avaient formé un service d’ordre conséquent : près de 200 personnes issues des organisations basques espagnoles et rebaptisées « service de médiation ». Elles encadraient la marche. Et ces « médiateurs » se sont révélés efficaces pour empêcher tout débordement, malgré la présence visible de manifestants plus radicaux.

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Faire converger les luttes

À quelques heures de l’ouverture du G7 de Biarritz, ce rassemblement était celui de toutes les protestations. Des slogans anticapitalistes voisinaient avec des mots d’ordre antifascistes, des appels à lutter contre les violences faites aux femmes ou des dénonciations de l’agrobusiness figuraient aux côtés d’appel à accélérer pour sauver le climat.

Les manifestants ont accompli les 4 km du parcours sous un soleil brulant et dans une atmosphère festive. Dans les rangs, on entendait beaucoup de basque, mais aussi de l’anglais ou de l’allemand. Et du côté français, se côtoyaient des représentants de partis politiques comme le NPA et le Front de Gauche, de syndicats (Solidaires, Confédération paysanne), ou d’associations (Attac et Oxfam).

« Je ne suis pas d’accord avec tous ceux qui sont ici, mais il y a une dynamique intéressante. Les rassemblements contre le G7 permettent de faire converger les luttes », se réjouissait Damien, la quarantaine, venu de Lyon avec son jeune enfant. « Les mauvaises nouvelles pour la planète se multiplient et il nous faut trouver des solutions, même si cela est difficile dans ce monde capitaliste », ajoutait-il.

Entre Biarritz et Hendaye, un monde d’écart

Cette manifestation est donc un succès pour les altermondialistes. Alors que leur mouvement connaît depuis quelques années un certain essoufflement, ils ont réussi à rassembler assez largement et dans le calme. Ils ont reçu pour cela le soutien de quelques centaines de « gilets jaunes », et surtout de plusieurs milliers de basques espagnols.

Alors qu’ils battaient le pavé à l’heure où le président Emmanuel Macron s’adressait aux Français, les manifestants n’ont pas entendu son allocution. Mais informés de la teneur des propos du chef de l’État, ils se sont montrés peu sensibles à son discours. Comme si le sommet du G7, à Biarritz, se déroulait dans un tout autre monde que celui du contre-G7, à 25 km de là.

Concluant ses propos, Emmanuel Macron a en effet dit sa volonté de réduire les inégalités et exprimé son engagement pour sauver la forêt d’Amazonie. Il a souhaité que tous ceux qui se sentent concernés par ces sujets s’unissent.

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Les manifestations se poursuivent dimanche

Mais chez les manifestants, auxquels ces thèmes sont pourtant chers, cet appel ne faisait pas recette. « Macron, c’est celui qui accroît les inégalités en France. Je ne peux pas avoir le même but que lui », assurait Paul, « gilet jaune » venu des environs pour se joindre à la marche. « Actuellement, il y a un vent d’insurrection citoyenne en France. Alors Emmanuel Macron est obligé d’avoir quelques paroles apaisantes. Mais ses discours ne font pas une politique.. », doutait Vincent, 73 ans, membre d’Attac et venu de Lille pour la manifestation. « Réduire les inégalités, il le veut probablement… Mais il n’est pas prêt à aller au bout de ce qu’il proclame ».

Les militants anti-G7 ont prévu de continuer à manifester durant tout le week-end. Dimanche 25 août, ils doivent occuper différents carrefours aux abords de Biarritz. Ces rassemblements seront de nouveau à hauts risques et, cette fois, il n’est pas sûr qu’ils se dérouleront aussi bien que ce samedi. Les organisateurs, toutefois, veulent croire à la possibilité de conduire une action pacifique « pour construire un autre monde, solidaire, respectueux de l’humain et de la planète », leur mot d’ordre commun.





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