« Au G7, on s’efforce de créer une atmosphère apaisante »

Du samedi 24 août au soir jusqu’à lundi 26 à midi, les chefs d’États et de gouvernements du G7 réunis à Biarritz seront dans une bulle. Ils seront protégés par 13 200 policiers et gendarmes, tandis que toute la circulation sera restreinte autour des principaux lieux de rencontre. Mais ils seront aussi entourés par les équipes de l’Élysée, habituées à organiser des grands sommets, de façon à offrir des conditions idéales pour négocier.

« On s’efforce de créer une atmosphère propice. L’objectif est de permettre un contact direct entre chefs d’États. Valéry Giscard d’Estaing, initiateur du premier G7, voulait que ce soit une « réunion au coin du feu »On a une organisation des lieux épurée, apaisante », explique Gaspard Vignal, agent du protocole à l’Élysée, qui nous guide à travers les couloirs où s’affairent encore des équipes techniques, à quelques heures de l’ouverture du sommet.



La salle dans laquelle auront lieu les rencontres entre chefs d’États se trouve dans un ancien Casino, le Bellevue, aujourd’hui reconverti en centre de congrès. Il est sur une corniche qui domine la grande plage de Biarritz. Les réunions en format le plus restreint, se dérouleront dans la salle de la Rotonde, qui offre une vue magnifique sur la plage et l’océan.

Seuls autour d’une table ronde

Les chefs d’États seront seuls autour d’une table ronde. Ils auront simplement leur sherpa (conseiller diplomatique) derrière eux, sur une petite table à deux mètres de distance. Personne d’autre n’y aura accès. Mais de discrètes caméras permettront de filmer. Cela servira pour les interprètes, qui seront dans une salle à côté. Et la conversation sera également suivie dans une « salle d’écoute », où des collaborateurs prendront scrupuleusement en note le contenu des échanges.

« Au G7, on s’efforce de créer une atmosphère apaisante »

« Le format réduit est essentiel, ajoute Arnold Rocke, lui aussi agent du protocole. Il faut que les chefs d’États puissent se concerter librement et de façon naturelle. L’extérieur compte aussi beaucoup. Ils peuvent sortir faire quelques pas, s’ils le souhaitent et cela crée un cadre plus informel… C’est là que des grandes décisions peuvent être prises, que des coalitions peuvent se constituer. »

Séances de travail et apartés

Tout à côté de la salle de la Rotonde, une autre salle est aménagée avec des canapés et quelques fauteuils. Elle permet des apartés. Seuls les chefs d’États et sherpas y auront accès. Quelques boissons et une machine à café seront à disposition, rien de plus. Et plus loin, de petites salles sont prévues pour des tête-à-tête si nécessaire.

« Au G7, on s’efforce de créer une atmosphère apaisante »

Les séances de travail en format G7 alternent avec des rencontres bilatérales, qui peuvent se décider au dernier moment, et avec des rencontres dans un format plus large. Le sommet accueille en effet au total 24 délégations étrangères, dont plusieurs autres chefs d’États : seront ainsi présents le premier ministre indien Narendra Modi, le président chilien Sebastian Piñera, l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, et plusieurs dirigeants africains comme Paul Kagame (Rwanda), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) ou encore Macky Sall (Sénégal).

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« Mettre en valeur les produits locaux »

La journée est également rythmée par les repas. Le chef de l’Élysée, Guillaume Gomez, a confié les différents déjeuners et dîners à quatre chefs étoilés de la région basque. « Je prévois de mettre en valeur les produits locaux. Mais on a toujours une solution de secours si jamais une personne présente souhaite autre chose », explique Andrée Rosier, l’une des 4 chefs choisis, restauratrice de Biarritz.

Les repas sont aussi un moment particulier pour aider à fluidifier la communication. Les préférences alimentaires des chefs d’État invités ont été prises en compte. Mais il s’agit aussi de surprendre sans en faire trop.

« Déverrouiller les petites tensions »

« L’idée est de faire du repas un moment de détente. La diplomatie gastronomique existe depuis longtemps. On est là pour faire en sorte que la pause déjeuner permette de déverrouiller quelques petites tensions éventuelles. Autour d’une table, on arrive parfois à régler des problèmes qui trouveraient plus difficilement une solution ailleurs », indique Vincent Jumert, intendant adjoint de l’Élysée, en charge de tous les aspects pratiques et qui a déjà organisé plusieurs grands sommets.

« Au G7, on s’efforce de créer une atmosphère apaisante »

La consigne est de faire français, local, et de respecter les meilleures normes environnementales. Quatre repas seront pris par les chefs d’États au sein du centre de conférence. Les chefs d’États dormiront en revanche à l’hôtel du Palais, à l’autre extrémité de la grande plage.

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Et le premier repas sera pris dans le phare, avec une vue exceptionnelle sur la ville et l’océan, toujours avec l’idée de créer un moment convivial pour que les discussions commencent sur un bon pied.





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