Au Nigeria, le cardinal Onaiyekan critique durement les deux principaux candidats à l’élection présidentielle

Le cardinal Onaiyekan à Paris, en 2013. Crédit: P.RAZZO/CIRIC

Samedi 2 décembre, l’archevêque d’Abuja, le cardinal John Onaiyekan, s’est prononcé sur les candidats à l’élection présidentielle de février 2019.

À ses yeux, les deux principaux candidats, le chef de l’État Muhammadu Buhari et l’ancien vice-président Atiku Abubakar, sont « indésirables ».

Les 2 et 3 décembre, l’Action catholique au Nigeria organisait une rencontre autour du thème : « L’Église en politique : vers l’année électorale 2019 ».

À cette occasion l’archevêque d’Abuja, le cardinal John Onaiyekan, qui a violemment critiqué les acteurs politiques de son pays, a estimé que la population est confrontée à une tragédie consistant « à choisir entre deux candidats indésirables bien connus ». L’élection présidentielle qui se tiendra en février opposera deux politiciens aguerris, issus du nord du Nigeria le chef de l’État Muhammadu Buhari, 75 ans, candidat du Congrès des progressistes (APC), et l’ancien vice-président et le riche homme d’affaires Atiku Abubakar, 71 ans, candidat du Parti démocratique du peuple (PDP).

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90 partis politiques

Le cardinal Onaiyekan a également critiqué l’incapacité de la pléthore de partis d’opposition à s’unir pour créer une alternative à l’ancienne génération d’hommes politique. « Il est regrettable que, alors qu’il existe plus de 90 partis politiques, il ne semble pas exister d’alternative viable aux deux grands partis ont échoué à bien gouverner le pays ». Pour lui, les nouveaux partis politiques qui auraient pu unir leur force et choisir un candidat unique ne l’ont pas fait à cause de leur égoïsme et de leur avidité.

Très pessimiste, il a estimé que les politiciens nigérians n’ont pas pour ambition de servir la nation. « C’est devenu une énorme blague, a-t-il ajouté. Même le plus simple des villageois sait que les responsables ne nous servent pas. C’est la principale cause de nos problèmes. Les dirigeants deviennent des dictateurs au lieu de serviteurs de Dieu et pour le peuple ».

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Pour lui, les chrétiens doivent combattre l’idée selon laquelle la politique est un « jeu pourri » et s’engager pour faire bouger les lignes. L’archevêque d’Abuja confie, en outre, sa crainte que son pays soit pris en otage par des politiciens véreux.

Appel à la démission du président

En 2018, l’épiscopat a demandé, par deux fois, au président Buhari de démissionner après des affrontements entre éleveurs et agriculteurs dans le centre du pays et qui ont dégénéré en conflit religieux. La première demande a été formulée en avril puis réitérée en juillet. « Si le président ne parvient pas à garantir la sécurité du pays, il a perdu la confiance des citoyens, il ne peut plus gouverner les camps d’extermination et les cimetières de masse qu’est devenu notre pays ».

Élu en 2015, Muhammadu Buhari, musulman sunnite âgé de 75 ans, est vivement contesté depuis plusieurs mois. Le pays traverse une récession économique aggravée par la chute des cours du baril de pétrole, le tout sur fond de conflit avec le groupe djihadiste Boko Haram.

Lucie Sarr

Cet article a été repéré sur https://africa.la-croix.com

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