Biden et Sanders, favoris des démocrates à un an du début des primaires

« Joe le gaffeur » a encore frappé. Dans un discours très attendu, ce samedi, l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, connu pour ses bourdes, a eu un lapsus lourd de sens. « J’ai le bilan le plus progressiste de tous ceux qui se présentent. » Avant de se rattraper en riant, alors que toute la salle se mettait à crier et applaudir. « De tous ceux qui pensent à se présenter ! »

Joe Biden ne s’en cache plus et multiplie, ces derniers jours, les allusions à une candidature à la  présidentielle américaine . La semaine dernière, lors d’une visite dans une caserne de pompiers, il avait lancé à un public surchauffé : « Gardez votre énergie, je risque d’en avoir besoin dans quelques jours ! » Samedi soir, dans son Etat natal du Delaware, tout le monde attendait donc l’officialisation de sa candidature, mais celle-ci se fait encore attendre. Son discours ressemblait pourtant en tout point à celui d’un candidat.

Nous sommes engagés dans une bataille pour l’esprit de l’Amérique.

« Nous sommes engagés dans une bataille pour l’esprit de l’Amérique », a lancé le vieux routier de la politique américaine, élu sénateur pour la première fois en 1972. Son credo : en finir avec la peur instillée par Donald Trump, pour qui il a eu des mots durs. « Si vous m’aviez demandé il y a quelques années si la démocratie américaine pouvait s’effondrer, j’aurais ri. Plus maintenant », a-t-il lancé d’un air grave. Cette semaine, Joe Biden, 76 ans, qui pourrait ne briguer qu’un seul mandat, s’est entretenu avec  Stacey Abrams , la candidate malheureuse au poste de gouverneur de Géorgie en novembre, elle aussi possible postulante à la Maison Blanche. De quoi alimenter les rumeurs d’un ticket détonnant.

Un parti divisé

Joe Biden n’a aucune raison de se presser : il est en tête des sondages pour la primaire démocrate, dont le premier scrutin n’aura lieu qu’en février prochain, dans l’Iowa, avant le « Super Tuesday » de mars 2020. Dans cet Etat de l’Iowa, décisif dans la course à la présidence, il fait la course en tête avec 27 % des intentions de vote, devant Bernie Sanders (25 %). Au niveau national, selon un dernier sondage de la Monmouth University, le rapport de forces est similaire. Il recueillerait 28 % des préférences, là aussi devant Bernie Sanders, à 25 %.

Les autres candidats sont pour l’instant loin derrière : la sénatrice californienne  Kamala Harris est à 10 %, Elizabeth Warren à 8 %, Beto O’Rourke à 6 % – mais le sondage a été réalisé avant  l’annonce de sa candidature – et  Cory Booker à 5 %. La dizaine d’autres candidats recueille encore moins d’intentions de votes. Les sondages dessinent donc un parti démocrate divisé, entre le désir de renouveau et la nécessité de rassembler, entre une aile gauche qui prend de l’ampleur et des modérés qui pensent être capables de séduire des républicains.

Bernie Sanders, 77 ans , qui a lancé sa campagne depuis près d’un mois, concentre, lui, les espoirs de la gauche américaine, même s’il n’est plus le seul à porter son message et que la candidature d’Elizabeth Warren, par exemple, pourrait lui faire de l’ombre. Plus que jamais, les électeurs démocrates sont face à un choix idéologique. Comme l’a résumé Joe Biden, ce samedi, il ne s’agit pas de « se positionner par rapport à lui [Donald Trump, NDLR], mais de savoir qui l’on est, en tant que démocrates. »

Nicolas Rauline

Bureau de New York





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