Covid-19 : le témoignage d’une professionnelle de santé

share on:

Ce faible nombre de cas avérés, et notamment de cas de transmission secondaire (N = 2), ne permet cependant pas de prendre à la légère l’ensemble des mesures de prévention à mettre en oeuvre par tous et sur l’ensemble du territoire.

L’implication des professionnels de santé et des différents acteurs locaux ne suffira pas à endiguer la propagation du virus SRAS-CoV2 si l’épidémie venait à s’étendre sur le territoire et l’implication de la population s’avère indispensable pour une mise en oeuvre coordonnée et réussie des mesures préconisées.

Cependant, autant pertinentes qu’elles puissent l’être, certaines de ces mesures barrières s’avèrent difficiles à mettre en oeuvre dans le contexte local et l’ensemble des acteurs doit se tenir prêt à affronter une recrudescence du nombre de cas.

En effet, si le lavage des mains fréquent à l’eau et au savon va être difficile à réaliser par une partie de la population, le confinement dans des habitations précaires pourvues d’un toit en tôle et le plus souvent d’une ou deux pièces pour une famille comptant plusieurs enfants, le tout sous une température de 35°, paraît presque impossible à appliquer.

Ces confinements de précaution ne pourront être espérés qu’avec, au minimum, un renforcement des mesures d’aide alimentaire à destination de ces populations vivant en situation précaire. En effet, beaucoup de ces personnes peuvent assurer leur minimum vital et celui de leur famille en réalisant des « jobs », auxquels ils n’auront plus accès en cette période de 45 jours à minima.

A cette situation inquiétante s’ajoute une pénurie chronique de professionnels de santé ainsi qu’un nombre de lits en service de réanimation très restreint, rendant notre système sanitaire plus que vulnérable à des situations de crise. De nombreux médecins spécialistes exercent sur le territoire par un système de vacations. Insuffisants en « temps normal », nous déplorons à ce jour leur désistement pour les semaines à venir.

La réserve sanitaire étant déjà largement mobilisée dans l’Hexagone, notre espoir de renfort de professionnels de santé provenant d’autres départements français est à ce jour très maigre.

Malgré le tableau alarmiste de notre système sanitaire, il est encore temps d’espérer une mobilisation coordonnée et le déploiement de mesures efficientes de la part des décideurs politiques, institutions et associations pour épargner à la population guyanaise une crise sanitaire sans précédent.

Peut-être est-il également temps pour la France d’élargir sa vision stratégique et de s’ouvrir à une coopération internationale ?





Facebook Comments

Leave a Response