» Des musiciens du festival de l’Oud de nouveau réunis sur la scène de Jérusalem

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Impossible pour l’artiste turc Omar Farouk Tekbilek de se souvenir du nombre de fois où il a participé au festival de l’Oud annuel de Jérusalem.

« Je ne me souviens pas », assure-t-il. « Mais j’adore venir ici. Ils m’inspirent. Ils comprennent vraiment la musique. »

Omar Farouk Tekbilek y est de retour cette année et ouvrira le festival jeudi, aux côtés d’un ami cher, le guitariste américain Brian Keane pour rejouer des morceaux et des œuvres issus de leurs trente ans d’amitié et de concerts ensemble. Ils seront également accompagnés de Zara, une chanteuse-actrice turque d’origine kurde.

Le festival se tiendra du 21 au 30 novembre à la Maison de la Confédération à Jérusalem.

Il s’agira du premier concert conjoint des deux musiciens en Israël et du retour du guitariste dans le pays où il ne s’est plus rendu depuis 1983, après trois années d’affilée de concert avec d’autres musiciens, dont Herbie Hancock et Bobbie McFerrin.

Tekbilek et Keane se sont rencontrés en 1986, lorsque Keane, guitariste et compositeur, a été chargé de produire la musique pour le documentaire « Suleyman the Magnificent » sorti en 1988, filmé sur place en Turquie et raconté par l’acteur Ian McKellan.

« Je ne savais rien, absolument rien de la culture turque », se souvient Brian Keane, qui s’exprimait à Tel Aviv mardi.

Il a demandé à des universitaires locaux et appelé un musicien turc qu’il connaissait, mais ce n’est qu’en se rendant dans un bar turc de New York avec des amis qu’il a découvert son acolyte, qui joue une variété d’instruments à vent, à cordes de percussion et d’instruments électroniques, dont le ney, un type de flûte, le kaval, semblable au piccolo et le zurna à anche double, ainsi que l’oud à cordes.

« Omar parlait à peine anglais, je ne parlais pas turc, mais ce qu’il s’est passé, c’est que j’ai joué du ney, et les poils de tous ceux qui étaient dans le studio se sont dressés », raconte Brian Keane. « La musique est le langage spirituel, et même si l’on vient de cultures différentes, nous partageons cette langue tout comme le public. »

Après la sortie du film aux États-Unis, le représentant d’une maison de disques allemande a donné une seconde vie au duo en leur demandant un deuxième album.

Ils enregistreront ensuite sept albums ensemble, même s’ils se sont rarement produits ensemble sur scène au fil des ans.

« C’est mon rêve d’avoir Brian à mes côtés sur scène », se réjouit Omar Farouk Tekbilek, qui vit à Rochester, aux États-Unis, depuis plusieurs dizaines d’années et a commencé le chant et la musique à l’âge de huit ans.

Les deux artistes ont joué au printemps dernier au célèbre Carnegie Hall de New York lors d’un concert à guichets fermés. Ils se perçoivent tous les deux comme une sorte de messager auprès de leur public, traduisant le message de la musique à leurs auditeurs et les faisant participer à la conversation musicale.

Tekbilek a travaillé avec Ofra Haza, Yasmin Levy et Tomatito, mettant toujours en exergue lors de ses prestations le pouvoir d’union de la musique.

Le festival de l’Oud célèbre cette année sa vingtième édition.



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