En Égypte, même les enfants sont en prison

share on:

Ahmed n’avait que 16 ans lorsqu’il a été arrêté en janvier 2014, avec d’autres jeunes, alors qu’il visitait un ami sympathisant des Frères musulmans et opposant au régime du président égyptien al-Sissi. Son père, l’avocat Khalaf Bayuni, n’a pu voir son fils incarcéré que neuf mois plus tard. Juste un quart d’heure avant qu’Ahmed ne soit réexpédié dans sa cellule où il croupit toujours six ans plus tard.

Ahmed est l’un des vingt cas de jeunes incarcérés, condamnés et souvent torturés, alors qu’ils étaient mineurs et dont les cas ont été documentés par les ONG Human right watch et Belady-An Island For Humanity dans leur rapport « Personne ne se souciait de savoir que c’était un enfant », publié ce lundi 23 mars.

En Égypte, Amnesty dénonce les excès d’une justice d’exception

Quinze d’entre eux témoignent d’actes de tortures – ils ont été électrocutés, piétinés, passés à tabac, suspendus par les pieds et les mains, etc. – et d’indignes conditions de détentions. Pour avoir participé à une manifestation pendant laquelle la façade d’un hôtel avait été endommagée, Karim Hamid Ali, 17 ans, a, lui, été condamné à mort en avril 2019, avant que sa peine ne soit commuée en dix ans de prison en octobre dernier, à l’instar du sort réservé à onze autres mineurs depuis 2013.

Le plus jeune n’avait que douze ans

Le plus jeune des détenus, Abdullah Boumadian, n’avait, lui, que douze ans lorsqu’il a été victime de disparition forcée pendant six mois dans le Nord Sinaï puis placé à l’isolement pendant plus de trois mois, probablement parce que son frère ainé avait rejoint un groupe islamiste affilié à Daech.

Ces vingt cas, tiennent à préciser les ONG, ne sont que quelques exemples des nombreux mineurs victimes d’arrestations arbitraires perpétrées par la police, l’agence de sécurité nationale et les militaires, avec la complicité de magistrats, un peu partout en Égypte.

En Égypte, l’insoutenable détention de Ramy Shaath





Facebook Comments

Leave a Response