Dans un entretien -exclusif- accordé à la rédaction de MEDIAGUINEE, le nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la République fédérale du Nigéria et représentant permanent de la Guinée auprès de la CEDEAO, Siaka Cissoko a promis jeudi de mériter la confiance du chef de l’Etat. Il a ensuite assuré qu’il se battra pour que la Guinée soit suffisamment représentée dans l’administration de la Cedeao. Entretien… Mediaguinee : Vous venez d’être nommé ambassadeur de Guinée au Nigeria qui abrite le siège de la Cedeao. Qu’est-ce cela vous fait ? Siaka Cissoko : C’est un sentiment de satisfaction et de reconnaissance à l’égard du président de la république, qui parmi les milliers de guinéens peut-être bien formés et bien capables que moi, a décidé de placer en moi sa confiance afin d’assurer cette fonction exaltante et stratégique. Etre ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et en même temps représentant permanent de notre pays auprès de la CEDEAO, c‘est un sentiment de reconnaissance à l’endroit du président de la république, Pr Alpha Condé. Comme, je le disais tout à l’heure parmi tant de guinéens a préféré son choix sur moi pour représenter à ce niveau-là. Donc une fois encore, c’est un sentiment de gratitude, de satisfaction mais aussi de défis parce que quand un président de la république porte en vous une telle marque de confiance cela veut dire que vous avez une lourde responsabilité sur les épaules. Donc, je suis préoccupé plutôt par le fait que, je dois être à la hauteur des aspirations du président, à la hauteur aussi de la confiance du président sur ma modeste personne. Alors, je suis donc condamné à tout mettre en œuvre pour être à la hauteur de cette confiance-là. Quelles seront vos priorités ? Mes priorités d’abord comme indique le décret, nous avons une double responsabilité. Parce que quand on est ambassadeur au Nigéria, cela veut dire que vous avez une responsabilité au niveau bilatérale, c’est que de gérer les relations bilatérales entre notre pays et trois pays de la juridiction d’Abuja, c’est-à-dire le Nigéria, la république du Bénin et la république du Tchad. Donc, la première priorité, c’est de relancer les relations de coopération avec ces trois pays comme on le dit toujours la coopération Sud-Sud. Donc, nous devons faire en sorte que, faire le point de l’état de nos relations avec ces trois pays et voir qu’est-ce que, nous pouvons construire ensemble pour financer des besoins de développement de notre pays afin d’assurer la formation, l’éducation des jeunes en Guinée. En ce qui concerne le Nigéria, qu’est-ce que nous pouvons faire pour diversifier les relations sur le plan économique, sur le plan énergétique, le Nigéria étant le plus grand pays de l’Afrique donc le défis c’est de faire en sorte la proximité de la relation que nous avons puisse être profitable à notre pays, tant sur le plan agricole, énergétique, éducatif et culturel. Quand je parle de culture, je fais allusion au le plan ‘’cinématographie’’ où le Nigéria a réussi à bâtir dans la cinématographie qui est en train de faire de grand investissement mondial en matière de production cinématographie. Donc, c’est de voir ensemble qu’est-ce que nous pouvons construire avec ce pays-là au profit de notre pays. Et maintenant au niveau du multilatéral, c’est comment conforter notre position au sein de la CEDEAO parce que les difficultés que nous avons actuellement, c’est notre sous-représentation. La préoccupation majeure, c’est notre sous-représentation au sein de l’administration de la CEDEAO. Donc, la Guinée est très faiblement représentée au regard de notre niveau d’engagement, de notre niveau de contribution donc, nous sommes très peu représentés. Je donne un exemple, nous avons une quinzaine de guinéens seulement sur 1120 fonctionnaires de la CEDEAO, il n’y a qu’environ 15 Guinéens, c’est ce qui est complétement dérisoire. Donc l’une de mes priorités, c’est de faire en sorte que la Guinée soit suffisamment représentée au sein de l’administration. Et faire en sorte aussi que le maximum du programme de la CEDEAO soit mis en œuvre en Guinée et que ça profite à notre pays. Nous voulons que la Guinée soit à l’avant-garde de l’agenda à l’horizon 2020 en ce qui concerne la libre circulation des personnes, des biens et la création de la monnaie unique. Le Nigeria enregistre une très forte communauté guinéenne. Peut-elle compter sur vous ? Les Guinéens qui vivent pratiquent là-bas peuvent compter sur moi parce que j’ai l’obligation d’être là au service de tous les Guinéens sans distinction de région, d’ethnie ou de confession religieuse ou d’appartenance politique. Donc quand, on est l’ambassadeur, on a l’obligation de défendre toute la communauté sans aucune distinction. La communauté guinéenne vivant au Nigéria, je peux déjà les inviter à croire en ma disponibilité à collaborer avec eux pour faire en sorte que leur préoccupation soit prise en compte à savoir en matière de migration, de développement et d’adaptation. Nous allons faire en sorte que la communauté puisse participer au même titre que les autres communautés à développer la Guinée. La Guinée est sous-représentée à la Cedeao. Que comptez-vous faire pour corriger ce que certains appellent ‘’injustice’’ à l’égard d’un pays fondateur ? Comme je le disais, la Guinée a toujours joué un rôle au premier plan au sein de la CEDEAO. Depuis sa création, on a eu déjà deux secrétaires exécutifs de la CEDEAO avant la transformation du secrétariat exécutif en commission, on a eu Edouard Benjamin et Lansana Kouyaté. La Guinée a toujours joué un rôle prépondérant. Et pendant les années récentes de l’élection du président Alpha Condé en 2010 en Guinée donc, il a renforcé l’implication parce qu’à un moment donné, la Guinée avait des difficultés en ce qui concerne les contributions. Quand le Professeur Alpha Condé est venu en 2011, il a demandé de faire les points sur l’état de notre contribution dans toutes les institutions panafricaines y compris particulièrement au sein de la CEDEAO. Et on s’est rendu compte qu’on avait énormément accumulé des arriérés de retard du paiement de nos obligations. La preuve de notre forte implication de la CEDEAO, c’est que notre président Alpha Condé a eu la chance de se voir confier par ses pairs, la résolution de l’épineuse crise politique que la Guinée Bissau a traversé ces dernières années dont tout le monde est au courant. La Guinée a eu le mandat de la CEDEAO à travers le président Alpha Condé de gérer cette crise grâce aux efforts du talent diplomatique de notre président que cette crise a connu un dénouement. Et une des preuves de notre implication dans la CEDEAO, notre président aussi a eu le privilège d’être aux côtés de son homologue du Ghana d’être l’un des facilitateurs de la résolution de la crise politique au Togo. Ils ont parvenu à mettre l’opposition et le pouvoir autour d’une table de négociation pour élaborer un minimum de consensus. Tous ces exemples montrent que la Guinée est très impliquée dans les activités de la CEDEAO non seulement pour la contribution mais aussi dans la résolution des différentes crises.

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