Guineenews: on sait que vous êtes un passionné du football. Souvent, on vous voit au stade du 28 septembre.

Autrefois, dans une chronique célèbre, vous aviez analysé les 5-0 que la Cote d’ivoire avait infligés à la Guinée lors de la CAN 2008.

Dix ans après, quel regard portez-vous sur les prouesses du Syli A ? Y a-t-il eu un changement entre le Syli de 2008 et celui de 2017 ?

Damantang Albert Camara : peut-être même que le Syli de 2008 était plus fort que celui de 2017, c’est ce qui est inquiétant. D’un point de vue profane, je m’intéresse beaucoup aux questions de sport et de football car dans une autre vie, j’ai eu l’occasion de m’intéresser administrativement au football.

Les pays qui sont en avance en Afrique en terme de football, ont des centres de formation de footballeurs depuis une vingtaine d’années, le Sénégal, le Mali, le Burkina-Faso, ils ont tous des écoles de football. La Guinée a perdu beaucoup de temps avant d’en avoir et c’est pourquoi je salue l’initiative de M. Antonio Souaré et d’autres qui ont enfin commencé à créer des écoles de football.

Je crois que dans quelques années, les générations qui vont commencer dans ces écoles seront en âge d’être dans ces équipes de haut niveau, on va avoir de bons résultats. Ensuite, il y a également la mentalité, je pense que les jeunes guinéens sont capables de battre n’importe quelle équipe dans un jour où ils sont enthousiastes et euphoriques.

Ce sont des artistes mais ce ne sont pas des footballeurs. Les compétiteurs gagnent des matchs, ils gagnent des trophées or les footballeurs font plaisir au public, ils font de belles actions, ils peuvent battre n’importe qui et n’importe quand. Mais quand il s’agit de préserver un résultat, de tuer ou de geler un match, ce n’est pas dans leur esprit et lorsqu’on aura dépassé ce cap là, on sera de véritables compétiteurs, on gagnera des compétitions.

Je pars du principe que ce qui est vrai pour le football est également vrai dans la vie de tous les jours même dans l’administration, même dans la politique. Quand on est un professionnel, il y a des choses et des erreurs qu’on ne fait pas.

J’ai discuté avec des amis de la Cote d’Ivoire qui se lamentaient sur la perte du titre de la championne du monde par l’ivoirienne pour juste n’avoir pas cassé le torse à la ligne d’arrivée.

La différence entre elle et celle qui a gagné, est qu’on apprend ça à la victorieuse tous les jours et pendant des heures en lui disant tu as beau être rapide mais, il y a des petits détails qui font la différence.

Peut-être que l’ivoirienne était plus rapide mais le simple fait qu’elle ait oublié de casser le torse, elle a perdu le titre. On dit que le professionnel est celui-là qui est capable de donner le meilleur de lui-même même lorsqu’il n’en a pas envie (Michel Hidalgo). Et c’est parce que vous l’apprenez, vous l’intégrez.

Malheureusement, ce n’est pas encore la culture chez nous que ça soit dans le football ou dans l’administration ou dans d’autres secteurs. C’est ce qui nous empêche d’avoir des résultats. Il faudra à un moment donné qu’il y ait une révolution des esprits qui nous permette de dépasser ce stade et à ce moment-là, on aura des performances.

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