Félix Tshisekedi L’ascension de Fatshi

Le nouveau président du Congo Kinshasa avait hérité d’une redoutable machine politique

Félix Tshisekedi, sait manoeuvrer. Ce quinquagénaire à la carrure massive a été élu président du Congo Kinshasa, deuxième pays francophone de la planète avec 45 millions de locuteurs, alors qu’au nom de l’unité de l’opposition il s’était engagé à ne pas se présenter à l’élection du 30 décembre. Mais il fallait écouter la base de son parti… Et il a obtenu que la Commission électorale, sinon vraiment les urnes, penche ce jeudi de son côté au détriment de l’autre opposant, Martin Fayulu… avec l’accord du président en exercice, Joseph Kabila, en échange d’une garantie d’immunité judiciaire.

Reste à savoir si « Fatshi », ainsi qu’il est surnommé, réputé jovial et conciliant, saura maîtriser le marigot de la politique congolaise, lui dont le père et mentor, Etienne, doutait de la vision politique. Cela n’a pas empêché cette figure de longue date de l’opposition de léguer à son fils une redoutable machine politique, l’UDPS, fondée en 1982 après sa prise de distance d’avec Mobutu. Marqué par son exil dans l’est du pays puis à Bruxelles, où il s’est targué d’avoir obtenu un diplôme en marketing réputé fallacieux, Félix a fait mieux que son paternel, qui n’avait pu que déplorer les fraudes face à Kabila lors de la présidentielle de 2011. Et s’il n’a jamais exercé de responsabilité, il a répliqué récemment à un contradicteur : « Je n’ai effectivement pas d’expérience en matière de mauvaise gouvernance ou de pillage de mon pays… ».

Yves Bourdillon

@yvesbourdillon







Cet article a été repéré sur lesechos.fr

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