Guinée équatoriale: un militant des droits de l’homme en résidence surveillée

Un défenseur des droits de l’homme équato-guinéen, arrêté vendredi soir à l’aéroport de Malabo, où il devait recevoir un prix pour son action, a été libéré samedi et placé en résidence surveillée, a indiqué son ONG.

Alfredo Okenve Ndoho, un des leaders de la société civile équato-guinéene, a été interpellé vendredi soir à l’aéroport de Malabo où les autorités l’ont « empêché de prendre un vol pour l’Espagne », a indiqué samedi à l’AFP, le vice-président de son ONG, Mariano Nkogo.

Un avion militaire a été affrété pour le déposer à Bata, la capitale économique où il réside.

« Il lui a été demandé de rester chez lui, où il est sous surveillance. Son passeport et son téléphone sont aux mains des forces de l’ordre », a ajouté M. Nkogo à l’AFP. 

L’arrestation de M. Okenve avait été confirmée à l’AFP par un gendarme de l’aéroport.

M. Okenve était arrivé à Malabo jeudi pour y recevoir un prix, le « Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit », qui devait lui être remis par les ambassadeurs de France et d’Allemagne lors d’une cérémonie à l’Institut français, selon le communiqué.

Mais la cérémonie de remise du prix prévue vendredi a été annulée à la suite d’une note verbale du gouvernement équato-guinéen envoyée aux différentes représentations diplomatiques du pays, selon une source diplomatique régionale.

Dans cette note, consultée par l’AFP, le pouvoir indiquait ne pas reconnaître la « validité » de ce prix, estimant ne pas avoir été associé à la sélection du lauréat. 

« Du fait du manque de transparence constaté dans l’attribution de ce prix, le gouvernement de Guinée équatoriale ne peut reconnaître (sa) validité », selon la note du Ministère des Affaires étrangères.

Les ambassades française et allemande ont alors décidé de reporter la remise de ce prix.

Fin octobre en banlieue de Bata, Alfredo Okenve avait été arrêté par des hommes non identifiés, roué de coups et abandonné dans un terrain vague.

Parti se soigner à Madrid, le défenseur des droits de l’homme était revenu en Guinée équatoriale mi-février, selon des sources concordantes.

En avril 2017, M. Okenve avait également été arrêté et détenu plusieurs jours pour avoir célébré les 20 ans de son ONG. Il avait été libéré après versement d’une caution.

Le régime de Teodoro Obiang Nguema, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d’atteintes aux droits de l’homme par ses opposants et des organisations internationales.



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