July 16, 2018

Le contraste ne passe pas inaperçu. En dépit de l’envergure qu’a désormais prise la crise sociale née de l’augmentation, depuis le 1er juillet, du prix du carburant à la pompe, le gouvernement ne veut pas se laisser impressionner. Ainsi, le sujet a occupé une place plutôt marginale ce jeudi lors du Conseil ordinaire des ministres présidé par Alpha Condé.

Alors que le dialogue est rompu entre les parties et que du côté du mouvement social, on se dit déterminé, à peine deux phrases plutôt laconiques sont consacrées à la crise sociale, dans le compte-rendu du Conseil des ministres de ce jeudi. Tout d’abord, il est écrit que le président de la République a demandé au ministre des Transports « d’accélérer la mise en circulation des bus de transport en commun, en plus du train voyageur déjà opérationnel, dans la ville de Conakry, pour alléger les coûts de transport ».

On en conclut donc que le gouvernement mise encore sur ces fameuses mesures d’accompagnement. Une attitude qui s’apparente à du déni dans la mesure où les organisations syndicales et celles de la Société civile ont déjà fait savoir que ces mesures n’étaient pas suffisantes pour justifier la fin de la protestation.

Il est aussi indiqué dans le compte-rendu que le ministre en charge de l’Emploi et du Travail a rendu compte des premières négociations depuis l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Il n’aurait pas occulté, est-il précisé, les « difficultés liées à la rigidité de certaines positions défendues par les représentants syndicaux ». En guise de réponse, le Conseil des ministres se borne à recommander plus laconiquement encore la poursuite du « dialogue tout en privilégiant le respect des lois, la paix et la quiétude sociale ».

Il n’est pas certain qu’une telle attitude, assimilable à une banalisation de la crise, soit de nature à rapprocher les parties.

Boubacar Sanso Barry du site http://www.ledjely.com/

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