Aux États-Unis, le plus haut taux de chômage depuis les années 1930

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Le chiffre est impressionnant : 20,5 millions d’emplois ont été détruits en avril aux États-Unis en raison de l’épidémie de coronavirus. À titre de comparaison, « seulement » 8,6 millions d’emplois avaient été détruits pendant la crise financière de 2008-2009. Et les analystes, inquiets, estiment que le mois de mai devrait être pire encore.

Sans grande surprise, les secteurs les plus touchés sont les mêmes que dans les autres pays : hôtellerie-restauration, loisirs et commerce. Spécificité des systèmes scolaires et de santé américains, très privatisés, ces deux secteurs perdent également 2,5 millions d’emplois en avril. Les cabinets dentaires à eux seuls enregistrent une chute de plus de 500 000 postes.

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En deux mois, du plus bas au plus haut

Résultat, le taux de chômage grimpe à un record de 14,7 %, le plus haut depuis le début des statistiques après la Seconde guerre mondiale. Au plus fort de la crise financière, ce chiffre frôlait à peine la barre des 10 %. Et en février 2020, avant que l’épidémie de coronavirus ne paralyse l’économie, il n’était que de 3,5 %. En deux mois, le chômage américain est passé de son plus bas niveau depuis 50 ans à son plus haut depuis les années 1930. En 1933, lors de la Grande dépression, ce taux était de près de 25 %.

La crise touche surtout les plus précaires, qui occupaient des emplois dans les établissements désormais fermés, et se retrouve dans le salaire horaire moyen, qui a augmenté de 1,34 dollar en avril. « Cette hausse reflète la perte d’emploi des travailleurs les moins payés, ce qui pousse vers le haut la moyenne pour l’ensemble des actifs », reconnaît le département américain du travail dans son communiqué.

Le nombre de personnes à temps partiel en raison de la crise économique a lui doublé, et atteint 10,9 millions. Au total, près de 33,5 millions d’Américains ont demandé une forme d’allocation-chômage. À travers le pays, les organismes publics sont débordés par l’afflux.

Pas de surprise pour Donald Trump

Pour Donald Trump, les chiffres du chômage sont « sans surprise ». « Même les démocrates ne rejettent pas la faute sur moi là-dessus », a assuré le président américain, très critiqué par l’opposition pour sa gestion de la crise. En campagne pour un second mandat, le dirigeant a fait voter un plan massif de soutien aux entreprises, et assouplit l’accès aux indemnités et aux aides pour les individus.

Au premier trimestre, le PIB américain a reculé de 4,8 % et alors que l’épidémie progresse, les citoyens sont divisés entre ceux qui souhaitent des réouvertures rapides pour éviter le plongeon de l’économie et ceux qui appellent à des mesures sanitaires fortes face aux risques. Selon les derniers chiffres, plus de 75 000 personnes sont décédées du coronavirus aux États-Unis.





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