La rage de Mohamed Tall : « nous avons un État assassin qui est en train de tuer ses fils… »( in guineematin)

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Mohamed Tall, ancien ministre de l’élevage et directeur de cabinet de l’opposant Sidya Touré

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a procédé à l’inhumation du collégien Alhassane Barry ce mardi, 28 juillet 2020. La levée du corps de cette autre victime de la répression des manifestations du FNDC a eu lieu en présence de nombreuses personnalités à Kipé où on pouvait remarquer une forte émotion. Mohamed Tall, ancien ministre de l’Elevage, membre du bureau politique de l’UFR, a dénoncé la répression contre les citoyens qui doivent malgré tout continuer le combat, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour Mohamed Tall, ancien ministre de l’élevage et directeur de cabinet de l’opposant Sidya Touré, accusé le pouvoir d’Alpha Condé de tuer ses fils et au lieu de les protéger.

« C’est toujours avec beaucoup de peine que nous assistons à ce genre de cérémonie. Je ne sais plus combien de jeunes ont été assassinés par les éléments des forces de défense de sécurité à l’occasion des manifestions. Parce qu’on parle d’au moins de 200 personnes. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous avons assisté depuis le mois d’octobre 2019 à une dérive, à de la répression extraordinaire. Les guinéens ont découvert un visage assez curieux de ce régime, un visage d’une dictature sanglante qui réprime dans le sang systématiquement lors des manifestations.

Nous avons un défi à relever pour notre pays. Ce défi n’est pas que politique, il s’agit d’une question de survie pour nous tous. Pourquoi il s’agit d’une question de survie? Parce que les fondements de notre pays, que ça soit les fondements d’Etat, que ça soit les fondements de la société, ont été fortement entamés pour ne pas dire détruits.

Aujourd’hui, comme vous le savez, l’Etat n’existe pas. C’est bien pour ça qu’il n’est pas en mesure d’assurer la protection de nos compatriotes. Il n’est pas à mesure d’offrir au minimum de bien être à nos compatriotes. Le rôle de l’Etat, de manière basique, consiste à mettre à l’abri les citoyens des différents dangers. Aujourd’hui nous avons un État assassin qui est en train de tuer ses fils au lieu de les protéger, au lieu de les éduquer, au lieu de les soigner, au lieu de les nourrir, au lieu de les loger. On assiste donc à une situation incroyablement difficile.

Le vivre ensemble aussi est entamé. Parce qu’au delà des structures de l’Etat qui sont détruites, avec des tensions inter-communautaires, vous avez suivi des actes de répression, notamment dans la zone forestière, en tout cas des tensions très fortes entre les différentes communautés. Et systématiquement, ça passe sous silence. Il n’y a pas d’enquêtes, il n’y a rien qui est fait pour situer les responsabilités.

Donc, quand nous avons une telle situation, vous conviendrez avec moi que ça va au-delà des questions électorales. Or, malheureusement en dépit de toutes ces menaces qui pèsent sur notre pays, le régime n’a qu’une seule chose en tête. C’est comment se pérenniser, c’est le troisième mandat du président Alpha Condé… ».

Transmis par la Cellule de Communication de l’UFR



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