Inondations de Coyah : « on a recensé 43 ménages pour 333 personnes »(Préfet) – Guinée Matin

Plusieurs secteurs du quartier Laminayah, dans la commune urbaine de Coyah, ont été victimes d’inondation suite aux pluies diluviennes d’avant-hier mercredi, 21 août 2019. Il n’y a pas eu de pertes en vie humaines, mais d’importants dégâts matériels ont été enregistrés. Malgré les promesses d’aide du gouvernement, les sinistrés n’ont jusque là rien vue et vivent dans la précarité, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La forte pluie qui s’est abattue sur Coyah et ses environs le mercredi dernier a provoqué de fortes inondations. Les victimes, dont la plupart des biens ont été emportées par les eaux, gagnent difficilement à manger aujourd’hui.

Elhadj Laye Souaré, enseignant en service à la DPE de Coyah et victime

Selon Elhadj Laye Souaré, enseignant en service à la DPE de Coyah et victime de cette inondation, c’est le lit du fleuve Sarinka qui a débordé. « Il y a eu abondance d’eau. Nous sommes alignés au cours d’eau. Quand le fleuve a inondé, sincèrement ça a débordé et l’eau est venue rentrer en grande quantité dans nos maisons. J’ai été obligé de monter sur la passerelle avec ma famille. Quand la première vague est descendue, j’ai fermé les portes de la maison. C’est seulement avec l’aide du préfet et des bonnes volontés qu’on a pu traverser avec des cordes pour certains et d’autres ont été transportés par les jeunes. (…). Il n’y a pas eu de perte en vie humaine, mais j’ai presque tout perdu : les meubles, les habits et consorts, tout est gâté. Le gouvernement nous a promis de l’aide, mais on n’a rien vu d’abord. Moi, j’ai à ma charge 12 personnes. Mais, j’avoue que c’est dur », a-t-il expliqué.

Mamadou Saliou Mansaré, victime de cette inondation

Mamadou Saliou Mansaré, biologiste, paralytique suite à un AVC, a aussi été victime de cette inondation. Domicilié à Laminayah centre, il dit avoir eu la vie sauve grâce à l’aide des personnes de bonnes volontés. « On est resté ici, on a constaté le petit matin que l’eau était en train de remonter. Vers le soir maintenant, l’eau est entrée en force dans ma maison et vous constatez de vous-mêmes les dégâts. Moi qui suis malade, les gens m’ont aidé à être de l’autre côté de la rive. Donc, ma famille et moi-même avons été transportés derrière la rive. J’avais des consommables de laboratoire, mon ordinateur, tout a été emporté. Il y avait aussi une quantité importante de sable derrière ici, parce qu’on avait un projet de construction d’annexes ici, tout a été emporté par l’eau. Le gouvernement nous a promis de l’aide, mais on n’a rien vu d’abord. C’est seulement hier matin que la commune nous a envoyés le petit déjeuner : deux pains et un peu de sucre. Aujourd’hui, on n’a presque rien. Si le gouvernement pouvait concrétiser son aide, ça allait nous aider. On ne s’attendait pas à ce qui nous est arrivés, on n’a même pas à manger aujourd’hui», a-t-il fait remarquer.

Mariam Camara, mère de quatre enfants, domiciliée aussi à Laminayah,
Mariam Camara, mère de 4, domiciliée aussi à Laminayah et victime

Même triste sort pour Mariam Camara, mère de quatre enfants, domiciliée aussi à Laminayah, qui dit avoir tout perdu dans cette inondation. Elle demande l’aide des bonnes volontés. « On a perdu beaucoup de choses, surtout les documents. Mes documents, ceux de mon mari et de mes enfants, ont tous été emportés par l’eau. (…) Là où je suis, je souffre. On n’a rien à la maison comme manger : le riz est gâté, les habits de mes enfants, tout est foutu. J’ai appris que le gouvernement veut nous aider, mais on n’a rien vu d’abord. Je me sens vraiment triste. J’ai quatre enfants et cinq autres protégés sous mon toit. Mais, on n’a plus rien à la maison », a laissé entendre la malheureuse.

Dr. Ibrahima Barboza Soumah, préfet de Coyah

Le préfet de Coyah, Dr Ibrahima Barboza Soumah, est conscient de la situation que vivent les sinistrés. Il rassure que des dispositions ont été prises pour assister les victimes et procéder à leur déguerpissement de ces endroits à risque pendant cette saison hivernale. « Après avoir sauvé nos concitoyens d’une mort certaine, nous sommes en train de recenser le nombre de ménages impactés, le nombre de personne dans les ménages, et les populations affectées. Parce que vous comprendrez que tous ceux qui logeaient sur la rive gauche de Sarinka devraient être délogés. Il fallait comme première préoccupation leur trouver des abris. Ce sont ces concitoyens qui accueillent ceux qui sont les affectés par l’inondation. Nous sommes en train de les recenser. Jusqu’hier soir, les équipes de recensement ont pu recenser nommément 43 ménages pour 333 personnes d’abord. C’est après ce recensement que l’assistance commencera à tomber. Nous avons décidé qu’à 20 mètres du marigot, des deux côtés, qu’il n’y ait aucune vie humaine jusqu’après la saison pluvieuse », a-t-il annoncé.

De Coyah, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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