L’Allemagne évite de peu une récession

L’économie allemande a enregistré une croissance nulle au quatrième trimestre 2018, après un recul du produit intérieur brut au troisième trimestre. Malgré la chute des exportations, la consommation intérieure reste dynamique.

Il s’en est fallu de peu mais l’Allemagne a évité une entrée en récession en 2018. Après un recul de son produit intérieur brut (PIB) de 0,2 % au troisième trimestre, le pays a enregistré une croissance nulle au quatrième trimestre 2018, selon les chiffres préliminaires publiés jeudi par Destatis, l’office fédéral de la statistique.

C’est moins que les 0,1 % anticipés par les économistes interrogés par Reuters et cela porte à 1,4 % la croissance du PIB allemand sur l’année 2018, contre 1,5 % attendu par le gouvernement. S’il compte encore bien fêter une dixième année consécutive de croissance en 2019,  l’exécutif allemand a revu ses prévisions à la baisse fin janvier . La croissance outre-Rhin devrait atteindre 0,9 % cette année et non plus 1,7 %, selon les derniers calculs de la Chambre de commerce et d’industrie.

 

Des raisons de rester optimiste

Le premier moteur économique de l’Europe a souffert de plusieurs facteurs externes, qu’il s’agisse des tensions commerciales internationales et du Brexit qui  ont touché de plein fouet ses exportations  ; de la sécheresse qui a limité la circulation de marchandises sur le Rhin au cours de l’été ; ou des nouveaux standards techniques antipollution qui ont pesé sur les ventes de la puissante industrie automobile allemande.

Il y a cependant « beaucoup de raisons de rester optimiste », souligne Carsten Brzeski, chef économiste de ING en Allemagne.  Les ventes d’automobiles devraient repartir et les bateaux circulent de nouveau sur le Rhin. Surtout, le dynamisme de la consommation des ménages allemands, qui a permis d’échapper à la récession, ne faiblit pas, soutenu par un taux de chômage au plancher. Les réductions d’impôts prévues pour les ménages ainsi que le soutien aux retraités devraient alimenter ce dynamisme.

L’oeil au beurre noir est devenu un peu plus noir. Mais cela ne peut pas être pire

Les investissements ont en outre été « nettement supérieurs à ceux du troisième trimestre de 2018, en particulier dans les bâtiments, mais aussi dans les équipements », note Destatis. Après un troisième trimestre lors duquel l’Allemagne a pris un premier oeil au beurre noir allemand, cet « oeil au beurre noir est devenu un peu plus noir. Mais cela ne peut pas être pire, assure Carsten Brzeski. Les fondamentaux économiques restent solides et les chances d’un rebond graduel sont plus importantes que celles d’une nouvelle déception », conclut-il.

Ninon Renaud

Correspondante à Berlin
@NinonRenaud











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