Le contre-G7 dénonce une double posture de Macron sur l’Amazonie

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« Le président Macron fait des beaux discours, mais que fait-il vraiment pour le climat ? C’est le même président qui a voulu le CETA (l’accord commercial avec le Canada, NDLR)… C’est incohérent », accuse Maël, jeune participant du contre-sommet du G7, à Hendaye. Venu de Valence, il fait partie des « Jeunes pour le climat » qui ont commencé à se mobiliser il y a un an, à l’appel de Greta Thunberg.

Lui aussi, dans le sillage de la jeune Suédoise, a étudié à fond la question climatique : « Les chefs d’État ont signé l’accord de Paris pour limiter le réchauffement à 1,5 degré à l’horizon 2 100. Mais aujourd’hui, avec l’ensemble des financements qui ont été mis sur la table, nous sommes sur une trajectoire qui nous amène entre + 3 et + 5° à cette échéance, dit-il. Alors à supposer qu’Emmanuel Macron soit sincère, il ne prend pas la mesure de la situation ».

« Un geste de circonstance »

Comme lui, ils sont environ 5 000 participants au Contre-sommet du G7, à Hendaye, à tenir ce discours. À 30 km de Biarritz, ce grand rassemblement fait le procès du modèle productiviste incarné par le G7. Pour les participants, les incendies au Brésil sont un des multiples signes de la crise climatique en cours et montrent que le modèle libéral aggrave les dérèglements.

Amazonie, Emmanuel Macron interpelle Jair Bolsonaro sur l’urgence climatique

L’appel du président français, jeudi 22 août au soir, à une union internationale pour sauver la forêt amazonienne a déclenché parmi eux des réactions ironiques, voire franchement hostiles. « Emmanuel Macron ne se montre pas aussi pressé de lutter contre la déforestation en Guyane », raille Marc, un retraité de Clermont-Ferrand. « Il veut se donner bonne conscience », tranche Marcello, venu en voisin pour s’informer. « C’est un geste de circonstance mais dans une semaine il sera passé à autre chose », regrette Clément, un quinquagénaire qui a participé au mouvement des gilets jaunes.

Le contre-sommet multiplie les ateliers et conférences

En attendant le sommet des chefs d’États, qui démarre samedi 24 août dans l’après-midi, le contre-sommet multiplie les ateliers et conférences, depuis le 21 août. On y parle de « l’impunité des multinationales », d’« agro-féminisme », de « solidarité avec les migrants » et avec « les prisonniers politiques » basques. Et bien sûr, du climat.

Samedi, les participants conduiront une marche qui traversera symboliquement la frontière franco-espagnole. La plate-forme d’organisations basques qui est co-organisatrice de la manifestation, tient en effet à ce parcours qui montre l’unité du Pays basque.

Le néolibéralisme autoritaire de Bolsonaro

« Nous sommes dans un sommet qui vise à dénoncer les politiques portées par les gouvernements face aux dérèglements auxquels nous devons faire face. Les incendies géants de la forêt amazonienne sont abordés dans de nombreux débats, sous l’angle de la crise écologique ou du néolibéralisme autoritaire du président brésilien Bolsonaro, même s’il n’y a pas spécifiquement d’atelier consacré à ce sujet », résume Sébastien Bailleul, un des organisateurs.

À Biarritz, le G7 en quête d’unité

« Et en ce qui concerne l’appel de Macron, je pense que c’est à l’image de tout ce qu’il fait. Chez lui, on observe une contradiction totale entre la posture qu’il adopte à l’étranger et ses actes sur le territoire national, dénonce-t-il. La France se veut championne du climat face à ses partenaires mais ne respecte pas ses engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. Elle favorise le libre-échange en adoptant le CETA et bientôt l’accord avec le Mercosur… Avant de donner des leçons au monde entier, soyons exemplaires ! ».

Les militants des réseaux associatifs qui forment le gros des participants au contre-sommet d’Hendaye ne croient plus beaucoup dans le discours des hommes politiques. Et ils ont accueilli également avec beaucoup de scepticisme les quelques personnalités de gauche, d’Éric Coquerel à Olivier Besancenot, qui se sont risquées à Hendaye pendant ce contre-sommet.

« La Croix » est partenaire de la consultation « Comment les médias peuvent-ils améliorer la société ? » avec Make.org, Reporters d’Espoirs et plusieurs autres médias. Vous pouvez participer à cette consultation en proposant vos idées et en votant sur les idées des autres participants ci-dessous. Nous rendrons compte des résultats à la fin du mois de septembre 2019.





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