Le Panama et la France s’unissent contre la fraude fiscale

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En avril 2016, les « Panama Papers », un immense scandale d’évasion fiscale orchestrée par le cabinet d’avocats Mossack Fonseca au Panama, avaient secoué le monde entier. Une enquête menée par une centaine de médias avait révélé que 140 personnalités, parmi lesquelles les Français Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany ou encore Michel Platini, détenaient des comptes cachés dans des paradis fiscaux.

Trois ans plus tard, la France et le Panama ont choisi de coopérer pour lutter contre la fraude fiscale. À l’occasion de la visite sur place de Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, ce lundi 19 août, les deux pays ont signé un mémorandum pour « amener notre coopération en matière fiscale au niveau des standards internationaux », a indiqué sur Twitter Gérald Darmanin.

500 dossiers français parmi les Panama Papers

Le Panama et la France se sont ainsi engagés à créer un groupe spécial bilatéral, qui doit se réunir deux fois par an, afin d’« approfondir les relations entre nos deux pays en trouvant des solutions pour lutter plus efficacement contre la fraude et l’évasion fiscale, qui nuisent à nos économies ».

Ce groupe propose notamment de renforcer l’échange d’informations sur les Français soupçonnés de fraude fiscale. Parmi les Panama Papers, 500 dossiers concernaient des Français. Une cinquantaine d’entre eux a déjà été traitée, malgré des réponses parfois « incomplètes » des autorités panaméennes sollicitées par leurs homologues françaises.

« Trois ans après les Panama Papers, toujours pas d’harmonisation fiscale »

Si des enquêtes sont toujours en cours, plus de 130 millions d’euros ont déjà été demandés par le fisc à des fraudeurs fiscaux français. Cela reste moins que les sommes perçues par le fisc du Royaume-Uni, à hauteur de 330 millions d’euros. Plus largement, plus d’un milliard d’euros a été récupéré par 22 États dans le monde entier.

Le Panama multiplie les efforts

Gérald Darmanin a toutefois reconnu les efforts du Panama en faveur d’une meilleure transparence financière. Laurentino Cortizo, le tout nouveau président du Panama, en fonctions depuis début juillet 2019, compte parmi ses chevaux de bataille la volonté de redorer l’image du pays, la lutte contre la corruption et la transparence des institutions.

Cela fait plusieurs années maintenant que le pays d’Amérique centrale multiplie les réformes pour s’adapter aux mesures internationales. Il calque ainsi ses échanges d’informations selon les normes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis 2017.

L’UE va élargir sa liste noire des paradis fiscaux

Mais il n’est pas question pour le moment d’envisager que la France retire au Panama son étiquette de paradis fiscal. Elle l’avait rayé de sa liste noire en 2012 avant de l’y réinscrire en 2016 après le scandale des Panama Papers.

Pour Gérald Darmanin, premier ministre français à se rendre au Panama depuis sept ans, il s’agit d’abord de « travailler » et d’obtenir une « relation de confiance entre les deux pays », avant d’envisager une éventuelle sortie du Panama de sa liste noire.





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