Le Venezuela est libre et souverain

par Marcelo Colussi

La République Bolivarienne du Venezuela connaît un important processus de transformation politique et sociale depuis 1998, année où Hugo Chávez est arrivé au pouvoir par le vote populaire.

Dès lors, avec son leadership et une énorme mobilisation des grandes majorités vénézuéliennes qui l’ont soutenu, de profondes modifications ont commencé à prendre forme dans le pays. Pour la première fois dans l’histoire, la rente pétrolière, principale ressource historique du Venezuela, a commencé à être distribuée équitablement. Les gens ordinaires, la classe ouvrière, les gens toujours exclus, étaient considérés comme des personnes. Le pays a commencé à changer. Les indicateurs socio-économiques ont grimpé en flèche. La santé, l’éducation, le logement, la sécurité sociale, la culture, la participation populaire sont devenus une priorité du programme national. Pour la première fois dans l’histoire, la rente pétrolière avait un véritable destin social.

Au milieu de ces changements, et peut-être quand personne ne s’y attendait, on a commencé à parler d’un nouveau socialisme – surmonter les erreurs du vieux stalinisme du passé -, le socialisme du XXIe siècle. A cette époque, la construction de la Révolution Bolivarienne avançait, un processus atypique en soi : elle a accédé au pouvoir pacifiquement, démocratiquement, par des élections transparentes.

Les transformations qui ont commencé à se produire dans le pays ont perturbé la bourgeoisie nationale, l’impérialisme américain et, en général, la droite mondiale. D’abord parce que le pouvoir populaire de base qui a commencé à prendre forme, le contrôle ouvrier de nombreuses entreprises et l’idéologie socialiste qui a ouvert la voie et qui a commencé à grandir, ont démontré que les travailleurs, « ceux d’en bas », les oubliés et les marginalisés, existent, sont la majorité, et peuvent aussi gérer un pays.

Deuxièmement, ils ont perturbé le gouvernement américain – représentant les intérêts des grandes multinationales au pouvoir mondial – parce qu’une ressource vitale pour l’économie de l’empire, le pétrole, est restée entre les mains de l’État vénézuélien. L’or noir continue d’être fondamental dans le développement capitaliste et les réserves offertes par le Venezuela – les plus grandes au monde – permettent son exploitation, au rythme de la consommation actuelle, pendant au moins 200 ans encore. Le butin, évidemment, est très grand et trop appétissant. Et ceux qui gèrent cette entreprise, à l’échelle mondiale, avec les États-Unis en tête, ne veulent pas la rater.

En d’autres termes : le pouvoir populaire socialiste et la souveraineté nationale sur les ressources pétrolières ont déclenché la réaction de la droite, aussi bien celle du Venezuela que celle des pays qui pensent toujours que l’Amérique Latine est leur arrière-cour : la classe dominante des États-Unis.

Mais la République Bolivarienne du Venezuela est un pays libre et souverain, et elle construit le modèle social que ses grandes majorités veulent. Qu’il n’y ait aucun doute : le peuple vénézuélien a voté pour cette révolution, a voté pour Hugo Chávez en 1998 et a continué à voter pour lui à de nombreuses reprises : c’est ce qu’il veut, ce qu’il a choisi et défendu. Quand Chávez est mort d’une manière étrange – un cancer qui nous a toujours fait penser à l’intervention américaine dans un événement aussi malheureux – le peuple a continué à soutenir le processus bolivarien. Depuis quelques années, avec Nicolás Maduro à la présidence.

Pendant toutes ces années, l’opposition de droite (la marionnette vénézuélienne de Washington et de la classe dirigeante des États-Unis, qui tire les ficelles de ses marionnettes) a tout fait pour arrêter le processus en cours dans ce pays sud-américain. Tentative de coup d’État, vigilance des patrons, grève pétrolière, guarimbas, attaques impitoyables sur tous les fronts possibles, marché noir, guerre économique et blocus, attaques, vandalisme contre-révolutionnaire et soulèvements militaires, entre autres faits, étaient au rendez-vous.

Cependant, aucune manœuvre n’a réussi à infléchir le cours de la Révolution Bolivarienne. Le peuple et le gouvernement socialiste ont toujours su défendre la souveraineté nationale et la construction socialiste. Les forces armées – contrairement à ce qui se passe dans la plupart des pays d’Amérique Latine – sont de fidèles défenseurs de l’ordre constitutionnel. Dans tous les cas, la Maison-Blanche a toujours été derrière chaque action déstabilisatrice.

Sans aucun doute, la vie quotidienne de chaque Vénézuélien s’est compliquée, à cause d’une attaque impitoyable, la pénurie de fournitures et le marché noir ont fait des ravages. Mais malgré cela, et malgré la campagne internationale monumentale visant à discréditer le processus bolivarien et le président démocratiquement élu (Nicolás Maduro), la révolution s’est poursuivie et a continué de bénéficier d’un fervent soutien populaire. Lors des dernières élections, boycottées par l’opposition, le Chavisme l’a une fois de plus emporté : le président travailliste, Nicolás Maduro, a de nouveau obtenu le soutien majoritaire de l’électorat.

vnezuelaMaintenant, une fois de plus, la droite se réjouit de sa tentative d’arrêter ce processus. La propagande qui inonde le monde tente de démontrer qu’il existe au Venezuela une narco-dictature antipopulaire, sanguinaire et corrompue. Pour le dire très clairement, ce qu’il y a, en réalité, dans le pays, c’est une réserve incommensurable de pétrole, et les compagnies pétrolières yankees et d’autres puissances capitalistes ne veulent pas manquer ce butin.

Au Venezuela, il n’y a pas de narco-dictature, mais beaucoup de pétrole et beaucoup de dignité nationale.

La manœuvre actuelle de l’impérialisme, appuyée par ses marionnettes locales et le chœur de gouvernements à ses ordres dans plusieurs pays, consiste à ignorer la présidence de Maduro et à reconnaître comme Président le chef de l’Assemblée Nationale, Juan Guaidó, un illustre inconnu en politique vénézuélienne, autoproclamé Président, dans une action clairement provocatrice.

L’objectif est de désavouer et de disqualifier un gouvernement démocratiquement élu lors d’élections transparentes, en appelant tous les pays du monde à suivre ce comportement. Pour l’instant, plusieurs gouvernements de certains pays, alignés sur l’impérialisme, ne reconnaissent pas le gouvernement légitime de Caracas et saluent le nouveau « gouvernement » de la marionnette autoproclamée.

En vertu de cela, des conditions totalement déstabilisatrices sont créées à l’intérieur, cherchant à aiguiser la division entre les peuples chaviste et antichaviste et, au moyen de provocations de rue induites – qui provoquent le chaos – à promouvoir une intervention extérieure, peut-être militaire, sous la tutelle de la Charte Démocratique du « Ministère des Colonies », l’humiliante Organisation des États Américains (OEA). La situation est dangereuse.

Nous devons condamner fermement cette nouvelle ingérence du gouvernement de Washington et, de chaque tranchée, de chaque endroit où nous agissons, dénoncer la manœuvre déstabilisatrice en cours. Soyons plus que clairs : il n’y a pas de dictature au Venezuela, il y a beaucoup de pétrole, beaucoup de dignité !

Source : Venezuela es libre y soberana

traduit par Pascal, revu par Martha pour Réseau International





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