Mgr Fort condamné à huit mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes pédophiles

Mgr André Fort, ancien évêque d’Orléans, a été condamné jeudi 22 novembre à huit mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes pédophiles par le tribunal correctionnel d’Orléans. L’ancien évêque, âgé de 83 ans, était jugé en même temps que le prêtre qu’il n’avait pas dénoncé, le père Pierre de Castelet, 69 ans. Celui-ci était accusé d’agressions sexuelles sur une dizaine de jeunes garçons, commises lors d’un camp d’été du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ) dont il était le directeur, en juillet 1993. Le tribunal correctionnel l’a condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis. Le tribunal n’a toutefois pas assorti sa condamnation d’un mandat de dépôt, Pierre de Castelet pourra donc voir la partie ferme de sa peine aménagée.

La décision du tribunal concernant Mgr Fort est donc plus sévère que pour Mgr Pierre Pican, le dernier évêque jugé pour des faits similaires. En 2001, l’évêque de Bayeux-Lisieux avait été condamné à trois mois de prison avec sursis.

Le jugement est toutefois moins lourd que les réquisitions du parquet. Lors du procès, le 30 octobre, le procureur général Nicolas Bessone avait en effet requis contre Mgr Fort une peine d’un an de prison ferme avec mandat d’arrêt, demandant un jugement qui soit « un électrochoc » pour l’Église de France. Contre le père de Castelet, il avait requis trente mois de prison ferme et six mois avec sursis, ainsi que trois ans de mise à l’épreuve avec obligation de soins.

Les victimes se sont senties entendues

Mgr Fort ne s’était pas présenté à son procès, où il était représenté par son avocat, après avoir produit la veille un certificat médical. Malgré la santé très fragile de l’évêque émérite, cette absence de dernière minute avait passablement agacé le tribunal. Il n’était pas non plus présent jeudi 22 novembre à la lecture du jugement, et son avocat a dit ne pas savoir s’il y aurait un appel.

Olivier Savignac, l’une des trois victimes à s’être portées à parties civiles, s’est dit « satisfait » du jugement. « On a été entendu. Je suis heureux de mon pays », a-t-il réagi. De son côté, l’avocat des parties civiles, Me Edmond-Claude Frety, a estimé que « cette décision montre que les victimes seront désormais écoutées. Nous avons tous l’obligation légale de dénoncer des faits semblables. »

Gauthier Vaillant

Cet article a été repéré sur https://africa.la-croix.com

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