Mort de Marie Laforêt, femme de passions vives

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Pluie, tempête, grisaille… en ce triste jour où l’on célèbre la mémoire des défunts, une artiste s’est éteinte. Marie Laforêt a fermé ses yeux d’or pour toujours et la France pleure l’actrice et chanteuse qui l’a tant de fois envoûtée…

Héroïne fatale d’une quarantaine de films, chanteuse aux 35 millions de disques vendus, icône sixties et fantasme ambulant, amoureuse éperdue en quête d’absolu, chercheuse d’idéal mariée 5 fois, mère (parfois distante voire absente) de 3 enfants, Marie Laforêt était revenue sur scène en 2006 aux Bouffes-Parisiens… Discrète depuis que quelque temps, la Fille aux Yeux d’Or nous a quittés le jour des Morts… pour mieux rejoindre les étoiles.

Il était une fois Marie Laforêt…

Fille d’un industriel née Maïténa Doumenach le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer, en Gironde, la gamine est arrachée à l’innocence de l’enfance dès ses 3 ans, abusée sexuellement par un voisin. « Sans ce viol, je n’aurais pas fait un métier public qui allait à l’encontre de ma timidité naturelle. J’ai choisi un métier exutoire », confiera 35 ans plus tard, Marie Laforêt, éternelle angoissée.
Attirée par les ordres, la jeune fille se rêve religieuse, mais trêve de crise mystique, un concours de comédie organisé par Europe1, en 59, lui fait préférer le théâtre au couvent.
Si elle embrase les planches, c’est au cinéma qu’elle crève l’écran et ensorcelle les réalisations de René Clément (Plein soleil ), Georges Lautner (Joyeuses Pâques, Flic ou Voyou avec Belmondo et Galabru), Henri Verneuil (Les Morfalous), Edouard Molinaro (La Chasse à l’homme), Gérard Mordillat (nommée pour le César du meilleur second rôle féminin pour Fucking Fernand), Fernando Solanas (Tangos, l’Exil de Gardel, prix du jury 1985 à Venise). Cette sublime brune grave aussi de son charme la pellicule de Chabrol, Granier-Deferre, Deville, Mocky…

Marie Laforêt, l’amour fou

Jean-Gabriel Albicocco lui donne le rôle principal du film La Fille aux Yeux D’or… Leur rencontre est une fulgurance, devant et derrière la caméra qu’elle transperce. Dans Le Nouvel Observateur, Paul Bénichou raconte : « Dès qu’il la vit, il lui sembla reconnaître en elle cette jeune fille que Balzac décrivait en ces termes : Elle avait dans le regard une douceur si pénétrante que tout homme croyait que c’était son âme même qui se posait sur lui. »
En 1961, le cinéaste et sa muse convolent en justes noces… pour mieux se séparer la même année. « Je me suis mariée. Je me suis divorcée, j’ai souffert, j’ai pleuré, je me suis jetée dans la dépression nerveuse. Ah, c’était épatant », ironise Marie Laforêt dans l’ExpressMais la foudre va tomber, encore…
En 63, c’est dans la musique qu’elle s’impose, éclatante, avec son premier 45 tours : Les Vendanges de l’Amour,
écrit par Danyel Gérard. Immense succès. Les tubes s’enchaînent : Ivan, Boris et moi, Il a neigé sur Yesterday (chanson-hommage aux Beatles), Viens sur la Montagne ; Marie-douceur, Marie-colère (sur l’air de Paint it Black des Rolling Stones) ; Manchester et Liverpool ; Mon Amour, Mon Ami ; Que Calor la Vida…

Marie Laforêt, douceur et humilité

Marie Laforêt devient une icône de la Variété, caracole en tête des charts… tout en se tenant à l’écart du show-biz. En 69, elle remplit l’Olympia puis entame une tournée mondiale : « Je n’ai pas une voix, j’ai un timbre », dit-elle comme pour minimiser son talent…

Aux émotions de la scène, Marie Laforêt préfère celles du coeur. Elle refait sa vie entre 1965 et 1967 avec Judas Azuelos, un homme d’affaires d’origine marocaine juive avec lequel elle a deux enfants : Lisa Azuelos en 1965 (réalisatrice) et Jean-Medhi-Abraham (musicien et homme d’affaires) en 1967.
En 1971, Marie Laforêt épouse le collectionneur d’art Alain Kahn-Sriber. En 1974, ils ont une fille, Ève-Marie-Deborah Sriber (gérante d’une société de BTP à Courbevoie) .
Puis la belle à la moue boudeuse s’éprend de Pierre Cornette de Saint Cyr, commissaire-priseur, qui l’encourage à prendre place sur le marché de l’art. L’interprète s’installe à Genève en 1978, où elle tient une galerie d’art… 

Si on lui prête une aventure incandescente avec Valéry Giscard d’Estaing, il n’y a pas d’officialisation et c’est l’agent de change Éric de Lavendeyra qui lui passe la bague au doigt le 7 septembre 1990…  avant de rompre quatre ans plus tard.

Marie Laforêt, 80 ans, est décédée samedi 2 novembre, en Suisse, où elle résidait. Elle était hospitalisée depuis plusieurs semaines à la Clinique de Genolier, où a séjourné Alain Delon victime d’un AVC…





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