OIF/Bruxelles – Les défis pour le multilinguisme dans l’Union européenne (…)

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Dans le cadre de son action d’influence et de plaidoyer autour des préoccupations de l’OIF, sur la base des priorités définies par ses 88 Etats et gouvernements membres, la Représentation permanente de l’OIF auprès de l’Union européenne, a organisé, à Bruxelles, le 26 septembre 2019, en partenariat avec le Laboratoire d’idées francophones PubAffaires Bruxelles, un débat public intitulé « Quels défis pour le multilinguisme dans l’Union européenne d’aujourd’hui ? ».

Le panel de discussion, animé par Renaud Denuit, éditorialiste pour la très réputée Agence Europe, réunissait Anna-Maria Stan, haut fonctionnaire en charge des Écoles et du Multilinguisme à la Commission européenne (DG EAC), Monica Semedo, Députée européenne (Groupe politique Renaissance Europe), le Professeur Jacques De Decker, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, et Anna Sole-Mena, auteur de nombreuses publications, dont « Multilingues dès le berceau. Éduquer les enfants en plusieurs langues ».

Cet événement s’inscrit dans le suivi du « Plaidoyer en faveur de la langue française et du multilinguisme dans les Institutions européennes », adopté en marge du XVIIe Sommet de la Francophonie (Erevan, 2018). Il fait également écho à la célébration de la Journée européenne du multilinguisme, instituée par le Conseil de l’Europe, en 2001, en vue de mettre en avant la diversité linguistique de l’Europe, de promouvoir l’apprentissage des langues quelle que soit l’étendue de leur usage, et de favoriser la participation à la citoyenneté démocratique à travers les langues.

Dans son mot introductif, le Représentant permanent de l’OIF, l’Ambassadeur Stephane Lopez, a rappelé la dégradation de la diversité linguistique au sein des Institutions européennes, et les libertés prises avec le strict respect du régime linguistique, notamment à l’écrit, en première production. Il a insisté sur les plaintes dont il était l’objet de députés européens, de fonctionnaires européens, d’associatifs, las de patienter dans l’attente des versions françaises et dans les autres langues que l’anglais, à une époque caractérisée par l’immédiateté.

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Il a cité les statistiques fournies par les Institutions elles-mêmes aux représentations des Etats francophones, et évoqué le risque démocratique pris à construire une Union européenne entre « happy few » anglophones, dans un contexte où euroscepticisme et « populisme » sont dénoncés par les mêmes. Il a dit le paradoxe qu’il y avait à recommander l’enseignement des langues dans les Etats membres, et à en privilégier l’usage d’une seule en dépit des services linguistiques dédiés.

Les exposés des panélistes et les prises de parole de la salle ont permis de préciser la politique européenne de promotion de l’enseignement des langues, de rappeler les avantages acquis par les plurilingues à la fois aux plans personnel et professionnel, et de recontextualiser l’ensemble dans un moment de l’Histoire où les malentendus interculturels sont nombreux, y compris au Conseil européen, où les tensions entre communautés sont non négligeables, au sein d’une même nation comme entre les nations, et où les tentations de rejet et de repli sont croissantes.







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