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POLICE Le syndicat Alliance police nationale publie une étude soulignant les problèmes rencontrés par les enquêteurs. Il formule plusieurs propositions pour améliorer leur quotidien…

L’investigation ne fait plus rêver les policiers. Une étude réalisée par le syndicat de gardiens de la paix et de gradés, Alliance police nationale, présentée ce jeudi lors d’une conférence de presse, dénonce le « ras-le-bol » de ces flics d’élite qui « ne se sentent plus enquêteurs ». Les agents interrogés sont « surchargés » par les « tâches annexes », croulent sous « la paperasse », fustigent la « complexification absurde » de la procédure pénale et le manque de moyens alloués, explique Jean-Claude Delage, secrétaire générale de l’organisation.

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« On passe notre temps à écrire tout ce que l’on fait »

Conséquences : les candidats ne se bousculent plus pour intégrer ces services qui, longtemps ont fait rêver, remarque aussi David-Olivier Reverdy, l’un des deux auteurs du document. Et les demandes de mutation se multiplient. « Le cœur de métier, les policiers ne le vivent plus », poursuit Jean-Claude Delage. L’étude révèle en effet que 32 % des 8.832 policiers sondés entre le 9 janvier et le 6 mars 2017 passent plus de 50 % de leur temps à rédiger des actes administratifs et statistiques.

L’alourdissement de la procédure « décourage beaucoup d’enquêteur », souffle à 20 Minutes Grégory*, qui travaille dans un service de police judiciaire du sud de la France. Flic depuis 22 ans, dont 18 consacrés à l’investigation, il dénonce « une grosse perte de temps ». « On passe notre temps à écrire tout ce que l’on fait. Et ce que l’on ne fait pas, on doit l’écrire aussi », ajoute-t-il.

 

L’étude montre également que 82 % des policiers travaillant dans un service de la sécurité publique estiment être surchargés de travail. « Ils traitent parfois 80 ou 90 dossiers, en grandes partie inélucidables, comme des vols de téléphone ou de sac à main, et sont mis sous pression par leur hiérarchie », indique à 20 Minutes Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Cesdip. Contrairement aux enquêteurs de la PJ, qui travaillent en équipe sur les affaires les plus complexes, ces agents avancent seuls et « ne disposent pas de beaucoup de temps et de moyen ».

« On passe beaucoup temps à s’occuper du bien être du gardé à vue »

Les policiers interrogés estiment également que la loi « donne trop de droits aux gardés à vue » et que les mesures contenues dans la loi du 3 juin 2016 « freinent le travail de l’enquêteur » et « aggravent » leur charge de travail. Jean-Claude Delage dénonce un « déséquilibre flagrant entre les droits de la défense et ceux de l’enquêteur et de la victime ». « On passe beaucoup temps à s’occuper du bien être du gardé à vue alors que la victime, elle, est laissée de côté », confie Grégory.

 

Alliance signale également dans son étude que la formation continue dispensée aux enquêteurs est « inadaptée ». Ces agents demandent des « stages investigation », des « stages photos » ou des « stages téléphonie ». Le document pointe également les problèmes d’ordre matériel, tel que le « manque de voitures banalisées », les « plantages réguliers » du logiciel utilisé, appelé LRPPN, « absolument pas adapté à la rédaction de procédures lourdes telle que la PJ les pratique ».

« Redonner l’envie »

Pour « redorer le blason de l’investigation » et « redonner l’envie » aux policiers de travailler dans ces services, le syndicat formule plusieurs propositions permettant de « recentrer le policier sur son cœur de métier ». Alliance suggère de « regrouper l’enquête préliminaire avec le flagrant délit » afin de « simplifier la procédure par la rédaction de procès-verbaux en moins », de « généraliser les signatures électroniques », de « simplifier le compte rendu par mail destiné aux magistrats », de « porter la durée de la garde à vue initiale de 24 heures à 48 heures » ou de « donner une compétence nationale à tous les OPJ ».

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