premières inculpations dans l’affaire des Panama Papers

Quatre suspects, dont deux anciens salariés du cabinet Mossack Fonseca, ont été inculpés par le parquet fédéral américain qui les accuse d’avoir participé au gigantesque système d’évasion fiscale révélé par les Panama Papers.

Le  scandale international des Panama Papers , gigantesque système d’évasion fiscale révélé par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en 2016, accouche de ses premières poursuites. Quatre suspects ont été inculpés ce mardi par le parquet fédéral américain.

Un premier homme a été arrêté lundi à Londres et placé en détention provisoire. Il s’agit d’Harald Joachim von der Goltz, un ressortissant allemand client de Mossack Fonseca, ce cabinet d’avocats panaméen suspecté d’avoir aidé pendant des décennies des particuliers et des entreprises à s’immatriculer dans des paradis fiscaux afin de soustraire des fonds au fisc de leur pays d’origine. Affaibli par des « dommages irréparables » infligés à sa réputation, le cabinet a d’ailleurs dû mettre un terme à ses activités en mars dernier.

Le comptable d’Harald Joachim von der Goltz, Richard Geffrey, a également été placé en détention provisoire. Les deux autres suspects – Dirk Brauer, un deuxième ressortissant allemand salarié d’une société de gestion d’actifs et Ramses Owens, un avocat panaméen – collaboraient étroitement avec Mossack Fonseca. Le premier a été arrêté tandis que le second est toujours en fuite.

« Message clair »

Ces inculpations découlent d’une enquête pénale ouverte dès 2016 par le ministère de la justice. « Les cabinets d’avocats, les gestionnaires d’actifs et les comptables jouent un rôle clé et permettent l’entrée dans le système financier international, a commenté ce dernier dans un communiqué. Les accusations annoncées aujourd’hui démontrent notre engagement à poursuivre les professionnels qui facilitent le crime financier à travers les frontières internationales et les fraudeurs fiscaux qui utilisent leurs services. »

Il est notamment reproché à Dirk Brauer et Ramses Owens d’avoir « conspiré avec d’autres pour aider les contribuables américains clients de Mossack Fonseca à cacher à l’administration des impôts leurs avoirs et leurs investissements, ainsi que les revenus générés », des années 2000 jusqu’en 2017. Un système de rapatriement aux Etats-Unis des fonds stockés sur les comptes offshore, via des ventes fictives de sociétés, aurait également été mis en place.

Selon Don Fort, chef du département des enquêtes de l’administration fiscale, un « message clair » a été envoyé. « Des cas comme celui-ci aident à maintenir la confiance du public dans notre régime fiscal en lui faisant savoir que nous enquêtons et que nous poursuivons ceux qui se soustraient à leurs obligations fiscales », a déclaré ce dernier.

Les Echos





Cet article a été repéré sur lesechos.fr

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