Près d’un Américain sur deux a eu un proche en prison

C’est un domaine dans lequel les Etats-Unis font exception : environ 45 % des adultes Américains ont un parent, conjoint, enfant, frère ou soeur ayant été incarcéré au moins une fois dans leur vie, estime  une étude de l’université Cornell . Cet été, ils ont interrogé 4.041 adultes, représentatifs de la population américaine. En extrapolant à partir de leurs réponses, ils estiment ainsi que 6,5 millions d’adultes américains (1 sur 38) ont actuellement un proche en prison.

Plus lourd en conséquence : 22,8 % des sondés ont vu ce proche passer plus d’un mois en prison, 13,9 % plus d’un an et 3 % plus de dix ans. Rappelant que l’incarcération d’un proche représente une lourde charge financière et psychologique, les auteurs espèrent que leur travail servira de « piqûre de rappel sur le travail nécessaire pour soulager les maux causés par ces incarcérations de masse ».

Les Noirs bien plus touchés que les Blancs

Les Noirs sont bien plus concernés que les Blancs : 63 % ont vu un proche passer au moins une nuit en détention. Idem pour les pauvres, plus touchés que les riches, ainsi que les habitants du Sud et de l’Ouest américains, plus concernés que ceux du Nord-Est du pays, selon les conclusions des chercheurs. L’adoption de lois particulièrement répressives depuis 1980 a fait exploser la population carcérale aux Etats-Unis, qui est aujourd’hui quatre fois plus importante qu’il y a 40 ans, avec 1 million et demi de détenus dans les prisons fédérales et d’Etat.

Avec 710 détenus pour 100.000 habitants, les Etats-Unis gardent derrière les barreaux beaucoup plus d’hommes et de femmes que les autres démocraties occidentales (147 au Royaume-Uni, 118 au Canada, 108 en Belgique, 98 en France).

Inverser la tendance

Depuis quelques années, des mesures sont cependant prises pour tenter d’inverser la tendance outre-Atlantique. Ainsi du projet de loi endossé à la mi-novembre par Donald Trump, porté par des sénateurs républicains et démocrates.

Il vise notamment à supprimer les peines automatiques de 25 ans de prison en cas de troisième condamnation pour une affaire de drogues, même mineure, ce qui pourrait avoir pour conséquence de faire baisser la population carcérale. Mais certains conservateurs, partisans d’une ligne dure en matière pénale, freinent toutefois son adoption.

Les Echos

Cet article a été repéré sur lesechos.fr

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