Reconnaissance faciale : ça grince des dents aux États-Unis et au Royaume-Uni

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Le déploiement de systèmes de reconnaissance faciale dans les rues au service de la police continue d’inquiéter d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, où l’on appelle de plus en plus à une régulation, si ce n’est une interdiction.

Qu’elle soit basée sur la très décriée technologie Rekognition d’Amazon ou non, la reconnaissance faciale continue à faire polémique, notamment aux États-Unis où les dispositifs se multiplient, et où de nombreuses polices locales commencent à y avoir recours. À San Francisco, des élus ont décidé de l’interdire. Les municipalités d’Oakland et de Somerville ont suivi la même voie.

Le premier candidat à proposer l’interdiction

Une telle proposition figure dans le programme électoral de Bernie Sanders. Le sénateur américain qui milite pour une réforme globale du système de lutte contre la criminalité a en effet appelé à l’interdiction de l’usage de la reconnaissance faciale par les forces de police. Il souhaite également empêcher l’équipement en matériels militaires des commissariats de police locale, et instaurer de nouvelles règles fédérales pour l’usage des caméras dont sont équipés les policiers.

Si d’autres candidats à la présidentielle américaine de 2020 ont exprimé plus ou moins ouvertement des inquiétudes envers la reconnaissance faciale, Bernie Sanders est le premier à envisager son interdiction à des fins policières. Un débat récemment nourri aux États-Unis par une étude de l’université de droit de Georgetown (Washington DC), dans laquelle il a été prouvé que les forces de l’ordre ont déjà altéré les images soumises à analyse dans la recherche de suspects. D’autres études, démontrant le manque de fiabilité de ces méthodes, ont également étayé les discussions sur le sujet.

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Au Royaume-Uni aussi, la mise en place de systèmes de reconnaissance faciale inquiète. Un article à charge du Financial Times révélait récemment l’installation d’un réseau de caméras liées à une infrastructure d’analyse biométrique des images dans le quartier de King’s Cross, à Londres. À grand renfort d’intelligence artificielle, ce sont ainsi des milliers de passants qui sont chaque jour non seulement filmés, mais également scannés sous toutes les coutures, sans avoir pu exprimer leur consentement comme l’exige pourtant la loi. Raison pour laquelle la Cnil britannique vient d’ouvrir une enquête contre la société qui s’occupe de la transformation du quartier de King’s Cross et qui est à l’origine de l’installation de ces équipements, en accord avec la municipalité.

La Cnil britannique se saisit du sujet

« Nous allons demander aux entreprises et organisations concernées toutes les informations nécessaires sur ces systèmes et nous rendre sur place pour inspecter minutieusement son fonctionnement, avant de déterminer s’il est, oui ou non, conforme à la législation sur la protection des données », déclarait dans le Guardian (par Les Échos) la cheffe de l’autorité, Elizabeth Denham.

D’un point de vue législatif, la reconnaissance faciale pose question. Raison pour laquelle le comité sur les Sciences et Technologies de la Chambre des représentants estime qu’il faut stopper son déploiement en attendant de disposer d’un texte de loi clair encadrant son usage. Mais dans l’attente d’une telle loi et faute de régulation, les dispositifs de ce genre continuent à être installés un peu partout au Royaume-Uni. Reste à savoir si, en s’appuyant sur les problèmes que cela pose en matière de protection de la vie privée, la Cnil britannique réussira à ralentir les choses.



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