Socialisme au Venezuela : une tragédie humaine !

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Ville colorée Venézuéla-socialisme, tragédie humaine

Après des élections entachées par un boycott de l’opposition et des accusations de truquage des votes, Nicolás Maduro a été désigné pour un second mandat à la présidence du Venezuela. L’ensemble du processus électoral et son résultat ont provoqué de grandes manifestations anti-Maduro. Au lieu de dialoguer avec l’opposition, le gouvernement de Maduro a choisi la répression violente des manifestants.

Chaque jour, nous voyons des photos et des vidéos rapportant des violations des droits de l’homme perpétrées par ce gouvernement. Il est impératif relier ces actes à la philosophie qui les a créés, à savoir le socialisme. Ainsi, en Afrique du Sud, alors que le gouvernement s’oriente de plus en plus vers des politiques socialistes, nous devons nous méfier et lutter quotidiennement contre les politiques et actions gouvernementales qui portent atteinte à nos droits individuels. Si nous ne le faisons pas à cause de petites lâchetés ou par indifférence, nous risquons d’emprunter la voie vénézuélienne.

Qu’est-ce que le socialisme?

La plupart des gens pensent que le socialisme est une théorie politique et économique de l’organisation sociale qui préconise que les moyens de production, de distribution et d’échange soient détenus ou réglementés par la communauté dans son ensemble. Le problème est que les gens ne comprennent pas ce que cela signifie philosophiquement. Le socialisme place le groupe, généralement le groupe qui se trouve au pouvoir à un moment donné, au-dessus de l’individu. Cela signifie que tous les autres groupes doivent se mettre au service des objectifs du groupe au pouvoir, en clair du gouvernement. Philosophiquement, tant que vous considérez qu’un groupe ou une société est plus importante que l’individu, vous ouvrez la porte au socialisme.

Lorsqu’un groupe indésirable, qu’il s’agisse d’hommes d’affaires, de personnes noires ou blanches, de personnes juives, d’étrangers ou d’un quelconque opposant, critiquant les projets du groupe au pouvoir, ces indésirables seront éliminés par tous les moyens disponibles. Le gouvernement socialiste du Venezuela a ciblé divers groupes de personnes critiques sur son bilan au cours des dernières années.

Socialisme et descente aux enfers

En plaçant le Venezuela sur la voie du socialisme, Hugo Chávez l’a mis dans les flammes de l’enfer où il est aujourd’hui. De 2000 à 2013, les dépenses publiques sont passées de 28% à 40% du PIB. Le salaire minimum a été augmenté à maintes reprises. Au lieu d’être basée sur les entreprises privées, l’économie vénézuélienne a été réorganisée autour de coopératives. L’industrie pétrolière du Venezuela a été officiellement nationalisée en 1976 et sous Chávez dès 1999, le gouvernement a pris davantage le contrôle de l’industrie pétrolière. Il a alors promis à la population que l’État assumerait la responsabilité de la fabrication et de la vente et que les profits seraient redistribués pour le «bien de la société».

Mais d’évidence, lorsque les gouvernements assument le rôle central dans n’importe quel secteur de l’économie, l’inefficacité et la corruption sont au rendez-vous. L’impact le plus dévastateur de la nationalisation a été de décourager les investissements privés. Lorsque les biens des entreprises, tant nationales qu’étrangères, ne sont pas à l’abri d’une saisie arbitraire par un gouvernement, cela ne leur laisse aucune raison de rester. Les droits de propriété sont un concept oublié depuis longtemps au Venezuela : «posséder» n’importe quelle chose ne signifie plus rien. Dès lors, il n’est pas étonnant que le socialisme ait provoqué l’effondrement de l’économie du pays à la fin de 2018, avec son taux d’inflation annuel de 80 000%.

Quelles mesures pourraient aider à transformer le Venezuela?

Un nouveau président, aussi charmant soit-il, n’apportera pas à lui seul le changement dont les populations ont besoin. Des réformes concrètes sont nécessaires. La protection constitutionnelle des droits de propriété individuels, la liberté d’expression, l’instauration de l’état de droit, la protection de la saisie arbitraire des entreprises, etc. Ce ne sont là que quelques-unes des mesures pro-liberté que le pays doit adopter pour que le peuple se remette sur pied. Il ne s’agit pas de savoir ce qui est le mieux pour le pays, mais plutôt ce qui est le mieux pour chaque citoyen du Venezuela.

Quand la diplomatie l’emporte sur la prie en compte du fléau humanitaire

Le gouvernement sud-africain reconnaît Maduro comme le président légitime, malgré toutes les horreurs qu’il a infligées à son peuple. La semaine dernière, la ministre des affaires étrangères, Lindiwe Sisulu, a déclaré: « Nous reconnaissons le président élu démocratiquement du Venezuela, dûment élu, jusqu’à ce qu’il [Maduro] démissionne ou qu’il y ait une élection ». Les gouvernements qui soutiennent Maduro omettent de porter des jugements moraux sur ses actions en vue de causer des souffrances au peuple vénézuélien.

Sur le plan économique, nous avons constaté les effets dévastateurs du socialisme dans le monde entier. Le socialisme au Venezuela a entraîné une famine généralisée, une pénurie de médicaments à un niveau critique, une explosion de la criminalité dans tout le pays et une crise des réfugiés comparable à celle de la Syrie. D’un point de vue pragmatique, le socialisme ne «fonctionne» pas car les gouvernements sont incapables de gérer des économies hyper interventionnistes et planificatrices à l’excès. D’un point de vue moral, le socialisme ne peut pas «fonctionner» car il est fondamentalement opposé à la liberté humaine. Il ne peut être considéré comme moral car il est fondé sur la coercition, puisque le rôle du gouvernement est de forcer les gens à vivre comme bon leur semble, selon le modèle qu’il a décidé.

Le gouvernement sud africain doit donc tirer des leçons des échecs du socialisme pour ne pas infliger aux populations du pays une descente aux enfers à l’image du Venezuela.

Chris Hattingh, analyste pour The Free Market Foundation. Article initialement publié en anglais par la Free Market Foundation – Traduction réalisée par Libre Afrique. Le 11 février 2019.







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