Soudan du Sud : la Mission de l’ONU déploie des troupes après des violences communautaires à Maper

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« Soixante-quinze soldats de la paix des Nations Unies ont été temporairement redéployés de Rumbek à Maper pour empêcher de nouvelles violences entre les communautés dans la région des Lacs du Nord, au Soudan du Sud », a indiqué la MINUSS dans un communiqué.

Ce déploiement de soldats népalais intervient après que les autorités locales ont annoncé que « jusqu’à 79 personnes ont été tuées et 101 blessées dans un série d’affrontements communautaires et d’attaques de représailles entre les communautés Gak et Manuer, à environ 100 km au nord de Rumbek », a ajouté la Mission.

Alors que la violence politique s’est largement apaisée au Sud-Soudan depuis la signature de l’accord de paix revitalisé en septembre 2018, les affrontements intercommunautaires continuent de faire des morts et des blessés parmi les civils

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013, deux ans après son indépendance du Soudan.

Un accord de paix conclu en septembre 2018 a entraîné une forte baisse des combats, mais des groupes rebelles non signataires de cet accord combattent toujours le gouvernement dans le sud du pays et, ailleurs, des violences communautaires persistent.

« Alors que la violence politique s’est largement apaisée au Soudan du Sud depuis la signature de l’accord de paix revitalisé en septembre 2018, les affrontements intercommunautaires continuent de faire des morts et des blessés parmi les civils, les attaques de bétail et le pillage de biens », a fait valoir la Mission onusienne.

La Mission de l’ONU appelle au calme

« Ces combats doivent cesser », a déclaré le Représentant de l’ONU au Soudan du Sud, David Shearer, qui a appelé au calme. « Nous exhortons les communautés concernées et leurs dirigeants à mettre fin aux violences et à se rassembler dans la réconciliation et la paix, pour le bien de leur peuple », a-t-il ajouté dans le communiqué.

La MINUSS a dû recourir à des hélicoptères pour dépêcher ses troupes à Maper, la route principale étant impraticable en raison de pluies diluviennes. La Mission utilise également du matériel lourd, y compris des véhicules, pour permettre aux Casques bleus de se déplacer plus facilement entre les communautés isolées.

« Les troupes continueront de patrouiller la région au cours des prochaines semaines pour assurer une présence protectrice », a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le Commandant de la force de la MINUSS et le chef du bureau local de la Mission à Rumbek, ainsi que des membres du personnel chargé des droits de l’homme et des affaires civiles se sont également rendus hier à Maper pour évaluer la situation en matière de sécurité.

Ils ont été accueillis favorablement par les autorités locales et les membres de la communauté qui se sont déclarés disposés à participer aux activités de médiation et de consolidation de la paix appuyées par la MINUSS.

Le HCR indigné par les attaques contre des humanitaires

De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) plaide pour une protection accrue pour les travailleurs humanitaires au Soudan du Sud, après que des hommes armés ont pris pour cible, ce week-end, une organisation humanitaire international.

Le HCR condamne fermement cet acte insensé contre les travailleurs humanitaires qui étaient là pour améliorer la vie des réfugiés et des populations vulnérables du Soudan du Sud

« L’attaque dévastatrice s’est produite tôt dans la matinée du dimanche 1er décembre, lorsque des hommes armés sont entrés par effraction dans un complexe d’une ONG dans la ville de Bunj, dans le comté de Maban, dans le Haut-Nil, et ont sévèrement agressé le personnel et pris leurs biens », a déclaré le porte-parole de HCR à Genève, Babar Baloch lors d’un point de presse.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a condamné fermement cet acte insensé contre les travailleurs humanitaires qui étaient là pour améliorer la vie des réfugiés et des populations vulnérables du Soudan du Sud.

Au cours des derniers mois, les attaques contre les travailleurs humanitaires dans le pays se sont multipliées. Les violences de dimanche dans la localité de Bunj se sont produites seulement un mois après que trois membres du personnel des Nations Unies travaillant dans la région de l’Équatoria central ont été tués.

Le Soudan du Sud reste l’un des endroits les plus violents du monde pour acheminer l’aide. Assurer la sécurité des travailleurs humanitaires dans ce pays est devenu un défi majeur. Selon le HCR, cela entrave en permanence l’action humanitaire en faveur d’une population désespérée.

Le HCR plaide donc pour un plus grand respect du droit international humanitaire et des droits humains afin de protéger les civils et les travailleurs humanitaires contre la violence et de veiller à ce que les auteurs de ces actes soient immédiatement traduits en justice.





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