ultime démonstration de force avant la présidentielle

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Le « V42 » bat son plein à Alger. V42 pour le 42e vendredi de manifestation depuis le soulèvement contre le 5e mandat du président Bouteflika fin février. En dépit d’un imposant dispositif sécuritaire et des barrages de gendarmerie aux entrées d’Alger, le « hirak », le mouvement de contestation, a gagné les artères centrales de la capitale ce vendredi 6 décembre à la mi-journée pour s’opposer à l’élection présidentielle du 12 décembre. « Rien n’a changé, cette élection c’est comme l’élection pour le 5e mandat sans Bouteflika », se désole l’un d’eux.

Après le double report du scrutin présidentiel du 18 avril et du 4 juillet, le chef d’État-major Ahmed Gaïd Salah, s’est opposé à toute forme de transition, imposant une élection à laquelle concourent cinq candidats pro pouvoir adoubés par l’armée.

Ignorant le hirak le pouvoir annonce « une participation massive » à l’élection

Ignorant la fronde qui agite le pays, les cinq candidats mènent leur campagne. Ils doivent participer à un débat télévisé, ce vendredi 6 décembre au soir. La veille, ils ont chacun détaillé leurs programmes à travers le pays.

Selon l’agence officielle APS, Abdelaziz Belaïd, s’est rendu à Constantine, la capitale de l’est du pays. Ali Benflis à Tébessa, proche de la frontière tunisienne. Abdelmadjid Tebboune était lui à Illizi, dans l’extrême sud. Azzedine Mihoubi, le dirigeant du rassemblement national démocratique (RND, allié traditionnel du FLN), qui aurait selon les dernières rumeurs les faveurs de l’armée, était à Sétif (Nord-Est).

Pour Mohamed Chorfi, le président de l’autorité nationale dite « indépendante » des élections (Anie), il « ne faut pas regarder cet événement démocratique du côté de ceux qui s’y opposent, généralement des jeunes, mais il faut prendre en considération ceux qui soutiennent le processus électoral », rapporte le site d’information Maghreb émergent.

Le porte-parole du gouvernement, Hassane Rabehi, a, lui, affirmé le 5 décembre que « toutes les franges de la société sont fortement attachées au prochain scrutin, qui se déroulera, nous sommes certains, normalement et dans de bonnes conditions ». Et il s’est déclaré confiant dans la « participation massive » du peuple.

La situation se crispe

« Les Algériens n’allaient déjà pas voter sous l’ère Bouteflika, ils iront encore moins le 12 décembre », estime l’opposant qui ne souhaite pas être identifié. « Depuis des années on fait peur aux Algériens, en leur disant que s’ils ne votent pas ils n’auront pas droit à un logement social, ajoute-t-il, cette politique d’intimidation fonctionne mais à la marge, les bureaux de vote seront largement désertés ».

Si l’appel au boycott n’est pas clairement formulé dans les cortèges de manifestants, l’intention y est. La coordination des Algériens de la diaspora « Free Algeria » préconise un « zéro vote ». Son collectif parisien Debout l’Algérie, appelle à une manifestation dimanche 8 décembre devant le consulat d’Algérie à Paris après l’ouverture du vote à l’étranger.

En Algérie, la situation se crispe à l’approche du scrutin maintenu jusqu’ici, alors que certains envisageaient un troisième report de l’élection. Après plus de neuf mois de contestation, le hirak n’a pas pu inverser le rapport de force et se prépare à une mobilisation au long cours. « Le mouvement est très hétéroclite dans sa composition. Il reste une foule inorganisée et inorganisable », déplore un observateur qui souhaite rester anonyme.

Au moins 300 personnes en détention

« Les autorités intensifient la répression à l’approche de l’élection présidentielle », dénonce Amnesty International. Se basant sur les recensions d’avocats et la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, l’organisation fait état d’au moins 300 personnes placées en détention, rien que pendant les vagues d’arrestations menées en une semaine après le lancement de la campagne le 17 novembre. Le comité national pour la libération des détenus évoque, lui, plus de 400 interpellations.

Une trentaine de manifestants ont été condamnés uniquement pour avoir porté le drapeau amazigh (berbère), alors même que l’identité amazigh fait officiellement partie de l’identité nationale algérienne. Et selon l’article 139 de la nouvelle loi relative au régime électoral, adoptée en septembre dernier, tout candidat à la présidence doit s’engager en faveur de « la préservation et la promotion de l’identité nationale dans sa triple dimension islamique, arabe et amazighe ».







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