Unilend en cessation de paiement : “Les prêteurs seront remboursés” assure son directeur général

Ullstein Bild/Getty 

Avis de tempête dans le secteur du prêt participatif. Unilend, la plateforme historique du secteur, est en effet en cessation de paiements depuis hier. « Cela faisait 10 jours que nous discutions avec l’autorité de contrôle, l’ACPR, et nous avons trouvé une solution pour les prêteurs, veut rassurer son fondateur, Nicolas Lesur. Ils ne perdront pas leur mise et seront remboursés comme prévu, et dans les temps. Aujourd’hui encore, par exemple, les versements d’échéances se sont faits normalement. »

Une procédure de transition existe en effet pour, dans un tel cas, mener les prêts participatifs jusqu’à leur amortissement final. Ainsi, c’est la Société Financière du Porte-Monnaie Electronique Interbancaire (SFPMEI), par laquelle transitait déjà le capital prêté via Unilend, qui prendra le relais opérationnel. Anciennement créée pour gérer Monéo, et depuis rachetée par le fonds d’investissement BlackFin Capital Partners, la société devra veiller à ce que les prêteurs soient remboursés, sans quoi c’est son agrément – véritable sésame pour exercer – qu’elle pourrait perdre.

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«Pour protéger les particuliers, nous avions prévu dès 2013 avec l’ACPR que les plateformes de prêt participatif ne puissent pas détenir en propre l’argent collecté, poursuit Nicolas Lesur, qui est aussi vice-président de l’association représentative du secteur, FPF. Ce système est en œuvre et fonctionne aujourd’hui ». C’est aussi la SFPMEI qui s’occupera du recouvrement des éventuels impayés futurs de la part des PME emprunteuses, comme des impayés passés. Selon les données mises en ligne sur Unilend, il resterait encore 9,4 millions d’euros de capital prêté à rembourser, pour près d’1 million d’euros d’intérêts dus. Sans oublier 2,6 millions d’euros de capital, liés à des prêts précédemment annoncés en défaut. Soit un montant total en jeu de près de 13 millions d’euros.

Certains spécialistes du secteur se montrent toutefois moins rassurants. Un actionnaire d’Unilend reconnaît ainsi que « la SFPMEI risque d’être dépassée. Cela pourrait provoquer un délai dans les remboursements ». Un concurrent renchérit : « Unilend n’étant plus là pour recouvrer les sommes, un risque de perte de capital n’est pas exclu. Les entreprises débitrices pourraient en effet se montrer moins enclines à rembourser ce qu’elles doivent. » De quoi inquiéter les quelque 15 000 prêteurs actifs de la plate-forme.

Une chose est sûre : le coup est dur pour ce secteur. «Aucune plateforme n’est rentable aujourd’hui, note Nicolas Lesur. Avec la politique monétaire accommodante de la BCE, les banques proposent des taux de 1 %, presque sans garantie.» Rendant inutile pour les PME le crowdlending, et ses taux supérieurs à 4 %. «Selon moi, sans remontée des taux, le marché est mort», conclut Nicolas Lesur. Outre le risque de faillite, certaines plateformes pourraient de plus se montrer moins sélectives sur les dossiers d’emprunteurs, pour conserver du volume… quitte à exposer les particuliers à un risque croissant de défaut.

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