Valverde en mission reconquête / Liga / J1 / Bilbao-Barcelone / SOFOOT.com

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En déplacement à Bilbao ce vendredi soir pour l’ouverture de la nouvelle saison de Liga, le FC Barcelone espère conserver sa couronne pour la troisième année d’affilée. Mais au-delà des résultats en championnat, Ernesto Valverde sait qu’il doit maintenant retourner l’opinion en se rapprochant de la philosophie Barça dans le jeu et assouvir l’ambition suprême du club catalan : remonter sur le toit de l’Europe.

Les souvenirs risquent de se bousculer dans la tête d’Ernesto Valverde au moment de pénétrer dans San Mamés, ce vendredi soir. Au programme : le coup d’envoi de la Liga version 2019-2020, avec une rencontre alléchante entre l’Athletic Bilbao et Barcelone. « C’est difficile de commencer à San Mamés, je sais la pression que ce stade exerce » , a rappelé le technicien des Blaugranas, en conférence de presse. Le bonhomme sait de quoi il parle, lui qui était installé sur le banc des Leones lors de l’inauguration de la nouvelle cathédrale basque en 2013. Mieux, il y a près de quatre ans jour pour jour (le 14 août 2015), il avait lancé sa saison sur cette pelouse par un succès éclatant lors du match aller de la Supercoupe d’Espagne contre… le Barça (4-0).

Avant de finir le travail trois jours plus tard au Camp Nou (1-1), permettant ainsi à l’Athletic de soulever son premier trophée depuis trente piges. La suite ? Une régularité en Liga, des épopées européennes et un départ pour le FC Barcelone à l’été 2017. Sauf qu’après deux années passées en Catalogne et une domination sans conteste sur le championnat, Valverde n’a plus vraiment la tronche d’un héros. Si ce troisième chapitre pourrait être le dernier, il doit surtout permettre au coach espagnol de donner un nouveau sens à son histoire avec le Barça.

Més que un favori

Après avoir littéralement écrasé la concurrence sur la scène nationale (93 points en 17-18, 87 points en 18-19), Valverde pouvait difficilement cacher les ambitions catalanes à la veille du retour à la compétition : « L’objectif est de remporter notre troisième championnat d’affilée. » Une performance qui pourrait lui permettre d’imiter un certain Pep Guardiola, et qui paraît surtout largement réalisable au vu du groupe à disposition de l’ancien attaquant. Pendant que le Real Madrid doit entamer un nouveau cycle et que l’Atlético fait en sorte de se renouveler après de nombreux départs (Griezmann, Godín, Lucas Hernandez, Rodri, Juanfran…), le Barça est lui bourré de certitudes. C’est simple, le club catalan n’a perdu aucun joueur majeur tout en renforçant rapidement son effectif avec deux gros coups (De Jong pour 75 millions, Griezmann pour 120 millions), des joueurs très prometteurs en complément (Firpo, Emerson) et une doublure à Ter Stegen (Neto). « Je suis très content de ce que j’ai » , a confirmé Valverde, face aux journalistes. Pas vraiment étonnant, le champion d’Espagne étant largement armé sur toutes les lignes pour présenter un onze digne de ce nom.
Même si comme partout (sauf en Angleterre), le mercato n’a pas encore fermé ses portes. Ainsi, le Barça pourrait connaître quelques bouleversements dans la prochaine quinzaine. « C’est un inconvénient qu’il soit encore ouvert, alors que nous commençons la saison, s’est agacé Valverde. Nous ne pouvons pas être vraiment tranquilles avant le 31 août car tout peut encore arriver, aussi bien pour nous que pour la concurrence. » Les changements pourraient concerner un secteur offensif déjà très bien garni, les dirigeants catalans travaillant toujours pour un retour de Neymar tout en espérant refourguer un ou deux indésirables au passage (Coutinho et Rakitić en tête de liste). Peu importe les derniers ajustements, Valverde a du matos pour assouvir l’ambition ultime du Barça : remporter la Ligue des Champions.

La revanche de la Fourmi ?

Pour la première fois depuis le sacre de 2006, Barcelone a passé quatre années sans jamais remporter la compétition reine. La « disette » commence à agacer tout le monde, dans la capitale catalane. Surtout que le Real Madrid, le grand rival, en a profité pour s’offrir un triplé historique avant que Liverpool ne repasse devant le Barça au classement des clubs les plus titrés en soulevant la coupe aux grandes oreilles pour la sixième fois au printemps. Les Blaugranas ont donc maintenant besoin de se refaire une beauté, sur la scène européenne. Seulement, Barcelone n’est plus une machine de guerre face aux cadors européens et ces derniers ont pu constater les limites de l’ère Valverde en assistant aux remontadas subies par la bande de Messi contre la Roma (4-1, 0-3 en 2018) et Liverpool (3-0, 0-4 en 2019). Deux soirées cauchemardesques qui n’auront pas eu la peau de l’entraîneur de 55 ans – sous contrat jusqu’en juin 2020 -, annoncé sur la sellette après la défaite en finale de Coupe du Roi fin mai contre Valence (1-2) mais toujours conforté par son président Josep Maria Bartomeu et soutenu publiquement par Messi ou Piqué.

Des soutiens nécessaires face aux critiques de la presse et d’une partie des socios, pas toujours tendres avec un Valverde accusé – parfois à juste titre – de proposer un jeu très éloigné de la philosophie chère au Barça et de se reposer sur les individualités ou les exploits de Messi. « Jouer mieux… par rapport à quoi ? Si vous nous comparez tous les jours au meilleur Barça de l’histoire, cela sera difficile, s’est défendu la Fourmi, ce jeudi. Je pense que l’année dernière, il y avait des matchs où nous étions très bons. » Avec l’armada offensive catalane, Valverde n’a plus le droit de décevoir. L’Espagnol doit trouver la bonne formule pour que Messi et Griezmann puissent cohabiter sur le terrain – l’Argentin est forfait pour le match à Bilbao -, mais aussi (et surtout) mettre en place un collectif cohérent pour faire tomber les plus grands au printemps. Car cette fois, survoler la Liga ne suffira pas.

Par Clément Gavard









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