Béa Diallo, candidat à la présidentielle en Guinée : « il faut qu’Alpha Condé calme le jeu et annonce qu’il ne briguera pas de 3e mandat »

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Bea Diallo (PS), ex-champion du monde de boxe et actuel échevin ixellois, est arrivé ce mardi à Conakry en Guinée pour présenter à la population le fruit de son travail caritatif « Fight for Africa ». Son projet : développer deux centres de formation professionnelle pour les jeunes peu qualifiés et dupliquer le concept dans d’autres pays africains. Un accueil triomphal et en fanfare lui d’ailleurs été réservé à sa sortie de l’avion. Mais, étant donné la tension dans son pays d’origine, la situation politique inextricable et l’engouement autour de sa personne, Bea le patriote, comme il est surnommé ici, est prêt à se lancer dans la course à la présidence. Un scrutin qui devrait avoir lieu en décembre 2020.

L’homme politique ixellois, ex-député bruxellois (2004-2019), Bea Diallo (PS), est serein. Après avoir donné les coups, sur le ring, face à son éternel rival Raymond Joval, il se prépare pour un nouveau défi. « Je souhaite concrétiser avec les fonds récoltés lors de ce gala un projet qui me semble essentiel pour l’avenir de la Guinée et de l’Afrique. Je veux outiller la jeune génération pour lui permettre de trouver du travail localement. Et cela passe par la mise en place de centres de formation professionnelle qui permettront aux jeunes de se stabiliser dans le pays. Il faut inculquer aux jeunes Guinéens que l’Europe n’est pas l’eldorado, mais que la richesse de l’Afrique, c’est sa jeunesse. Je veux éviter des drames comme le décès de cet adolescent ivoirien qui est monté dans le train d’atterrissage d’un avion d’Air France à destination de Paris. Il faut qu’ils se forment et que cela corresponde aux besoins réels de l’économie sur place. Il manque des ouvriers et des entrepreneurs ! C’est la preuve qu’il n’y a plus d’espoir. En Europe, quand les gens n’ont plus d’espoir, ils se suicident. En Afrique, ils émigrent vers l’Europe en prenant tous les risques et en dépensant des fortunes (entre 10.000 et 15.000 dollars) pour tenter la traversée », développe l’Ixellois, fils de diplomate et né à Monrovia au Liberia.

Durant ces quelques jours dans son pays d’origine, Bea Diallo va donc tenter de trouver les lieux où installer ces futurs centres de formation. Et les idées de l’homme politique foisonnent. Sur les investissements étrangers, il demande aux états et aux investisseurs de développer des projets dans l’agriculture locale pour y créer de l’emploi. « Plutôt que de donner des millions ou des milliards pour l’exploitation des mines de bauxite et de fer, de l’argent qui sera probablement détourné, mieux vaudrait qu’on établisse des contrats qui créeront des plantations (bananes, tomates, ananas ou mangues) et des usines de transformation qui donneront de l’emploi aux Guinéens. Ce qu’il nous faut ce sont des jeunes compétents dans l’agriculture et la construction », poursuit Bea Diallo qui insiste aussi sur sa double nationalité pour expliquer cet engagement. « Je n’ai jamais caché ma nationalité guinéenne et évidemment derrière ce projet de développement il y a un projet politique », pointe subtilement l’ex sportif de haut niveau.

Et de rappeler la situation politique extrêmement tendue dans son pays d’origine : « aujourd’hui en Guinée, il y a un clivage ethnique très dangereux entre les Peuls et les Malinké. Les gens ne se parlent plus. On est au bord du chaos. Il faut absolument réinstaurer le dialogue entre toutes les parties. Concernant, la réforme de la constitution guinéenne, il faut y réfléchir sérieusement. Mais le moment choisi par le président Alpha Condé pour le faire n’est pas opportun. Il faut que lui aussi calme le jeu et annonce officiellement qu’il ne briguera pas de 3e mandat. Le pays a besoin d’une troisième voie, entre l’actuel chef de l’Etat et les anciens dirigeants »

Les questions suivantes coulent donc de source : représentez-vous cette troisième voie et êtes-vous officiellement candidat à la présidence de la République de Guinée ? Le champion répond : « oui je suis candidat à la présidence, si la population guinéenne pense que je peux incarner cette troisième voie et si la situation politique l’exige. Alors oui, je prendrai mes (…)

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