Carrefour se réengage dans le discount en France avec Supeco

On pensait que Carrefour avait tiré un trait sur le discount en France lorsqu’en 2018, il avait décidé de céder ses 243 magasins Dia. Pourtant, ce mercredi 21 août, le PDG de l’enseigne, Alexandre Bompard, a annoncé vouloir tester dès septembre deux magasins de discount dans le département du Nord. Le premier ouvrira ses portes à Valenciennes le 4 septembre ; le second, le 25 septembre, à Onnaing, à sept kilomètres au nord-ouest de Valenciennes.

Après Dia, Carrefour mise sur l’enseigne Supeco, contraction de « supermercado » (supermarché) et « economico » (économique), un mélange entre l’hypermarché et l’entrepôt permettant le commerce de gros en libre-service. Lancée en 2012 en Espagne, où elle regroupe la grande majorité de ces 41 magasins, Supeco est également implantée en Roumanie, en Italie et en Pologne.

Du « soft discount » aux nombreuses références de produits

L’enseigne espagnole se positionne sur du « soft discount », associant des bas prix à un plus large choix de références de produits que le discount traditionnel. Rien à voir avec les premiers magasins de « hard » discount, arrivés en France dans les années 1990, comme l’explique Olivier Dauvers, observateur de la grande distribution : « Leur principe était d’avoir le plus faible coût d’exploitation, avec peu de choix, une absence de services (tels que la boucherie ou la fromagerie à la coupe) et une faible théâtralisation du magasin»

Dure fin de partie pour les anciens magasins Dia

Pour le moment, deux Supeco seront testés à partir du mois de septembre. Ils prendront la place de deux Carrefour Market préexistants et proposeront un système de « cash & carry », c’est-à-dire, explique Olivier Dauvers : « Je vends sur palette, en gros conditionnement et en libre-service, avec deux types de prix selon que l’on achète à l’unité ou en grosse quantité. »

Affirmer sa place d’acteur de la grande distribution

Deux principaux intérêts poussent Carrefour à se relancer dans le secteur malgré une première tentative décevante avec Dia, que le groupe a cédé en 2018. Il s’agit tout d’abord d’un intérêt économique, explique Olivier Dauvers: « Les supermarchés Carrefour connaissent des difficultés en ce moment, car leur chiffre d’affaires est insuffisant pour leur permettre d’être rentables. Supeco est un moyen de jouer sa carte d’acteur majeur de la grande distribution dans un secteur où il n’était plus présent. »

Vient ensuite un intérêt plus stratégique car en se réengageant dans le discount, Carrefour assure sa diversification sur le marché « à un moment où il juge que c’est possible. » Ce « soft discount » proposé par Supeco peut aussi inclure la mise en place de quelques services, tels que la boucherie ou la fromagerie à la coupe.

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Impossible pour le moment de prévoir le succès ou non de Supeco, estime Olivier Dauvers, d’autant plus que le choix des produits proposés et le contenu des services restent encore inconnus. Parmi ses pronostics : la proposition de la marque de distributeur Carrefour, le choix de 3 000 à 4 000 références de produits et la présence d’une grande marque par catégorie. Réponse donc mercredi 4 septembre à Valenciennes.





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