À Montpellier, les transports sont désormais gratuits le week-end

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Ce samedi 5 septembre, les Montpelliérains et tous les habitants de la Métropole testeront la gratuité des transports en commun sur un périmètre de 31 communes. Cette mesure est, dans un premier temps, mise en place exclusivement les week-ends, avant une généralisation toute la semaine, prévue d’ici trois ans.

Agir sur la qualité de l’air

La mesure figurait en bonne place dans le programme de campagne du candidat (PS) Michaël Delafosse, élu maire le 28 juin. Le nouvel édile, devenu également président de la Métropole, n’a pas traîné pour la mettre en œuvre. « C’est une mesure qui répond à une urgence climatique. Nous voulons agir concrètement sur la qualité de l’air, régulièrement montrée du doigt à Montpellier, par Greenpeace notamment », explique Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, déléguée au transport.

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Désengorger les routes

Alors que la gratuité des transports s’est d’abord développée en France sur des réseaux de petites tailles, et a été adoptée ensuite par des villes moyennes telle qu’Aubagne (13) ou Dunkerque (59), Montpellier est la première métropole de plus de 500 000 habitants à l’instaurer. Au-delà des gains environnementaux se joue un enjeu de taille : la gratuité va-t-elle permettre de désengorger les routes saturées de la Métropole, point noir de ce territoire dont la démographie galope plus vite que les infrastructures de transport ?

Une grande marge de progression

Chaque jour, dans le département, 75 % des salariés utilisent leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail contre 10 % qui utilisent les transports en commun. La Métropole de Montpellier concentre à elle seule 57 % de ces déplacements. En son sein, les déplacements en transports collectifs représentent 13 % du total, contre 52 % en voiture particulière. La marge de progression des transports en commun est donc grande.

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Encore des « zones orphelines »

Mais pour espérer que les automobilistes se décident à prendre plutôt le tramway ou le bus, des pôles multimodaux devront être développés. « La gratuité des transports n’a d’intérêt que si l’on organise de façon simultanée des infrastructures relais. Ici, des stations de vélo, là des voies de covoiturage, ou encore des points de locations de voitures électriques, c’est un tout, estime Alexandre Brun, maître de conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’université Paul-Valéry. Actuellement, la Métropole compte encore plusieurs zones orphelines, trop éloignées des stations de tramway. »

Le plan de relance se veut « inédit » sur l’écologie

Le président de la Métropole aurait-il mis la charrue avant les bœufs en instaurant la gratuité avant même de réorganiser l’écosystème des transports ? « Nous sommes à une période charnière. C’est une décision symbolique, politique qui doit provoquer un choc psychologique chez les automobilistes pour les inciter au changement », affirme Laurent Chapelon, spécialiste en géographie des transports à l’université de Montpellier 3.

5,6 millions d’euros cette année

Côté finances, une première enveloppe de 3 millions d’euros a été dégagée sur le budget 2020, votée à la hâte en juillet par le conseil métropolitain, afin de couvrir les coûts jusqu’en décembre. Sur une année, la gratuité représentera un coût global de 5,6 millions d’euros. « Ce sont des choix budgétaires, justifie Julie Frêche. Il y aura dans un second temps, des redéploiements de crédits », afin d’étendre la mesure.

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La gratuité totale à mi-mandat

Après l’accès gratuit aux transports les week-ends pour tous les habitants de la Métropole, les jeunes de moins de 26 ans et les seniors de plus de 65 ans en bénéficieront en 2021 tous les jours de la semaine. À mi-mandat, la gratuité totale, pour tous, devrait être effective. Avec, tout de même, une interrogation sur la fréquentation : si 84 millions de voyages ont été comptabilisés en 2019 sur le réseau, en hausse de 1,5 % par rapport à 2018, l’incertitude du contexte actuel, en pleine crise du Covid-19, ne permet pas d’anticiper la fréquentation du réseau ces prochains mois. À Montpellier comme ailleurs, les usagers boudent les transports collectifs par mesure de sécurité.





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