Après les violences au Capitole, Donald Trump frappé au portefeuille

Publié le 12 janv. 2021 à 13:38Mis à jour le 12 janv. 2021 à 17:21

Au crépuscule de son règne, Donald Trump apparaît de plus en plus seul. Les violences qui ont eu lieu au Capitole, qu’il est accusé d’avoir provoquées, pourraient lui valoir une procédure de destitution à quelques jours de la fin de son mandat. Et, une fois parti de la Maison-Blanche, le retour aux affaires du milliardaire américain ne s’annonce pas non plus sous les meilleurs auspices.

Selon le « New York Times », le président sortant, qui va vraisemblablement retrouver la tête de la Trump Organization, va perdre l’un de ses plus importants appuis financiers. Deutsche Bank aurait en effet décidé de couper les ponts, lassée de la publicité négative engendrée par ses liens avec l’entreprise. Le coup est d’autant plus rude que la banque allemande est actuellement son principal créancier, avec environ 340 millions de dollars (280 millions d’euros) de prêts en cours, arrivant à échéance au plus tard en 2024.

Deutsche Bank n’a pas confirmé ces informations, mais le message posté par sa responsable en Amérique du Nord sur le réseau social LinkedIn semble aller dans ce sens. « Nous sommes fiers de notre Constitution et soutenons ceux qui cherchent à la faire respecter pour garantir que la volonté du peuple est respectée et qu’une transition pacifique du pouvoir a lieu », avait ainsi écrit Christiana Riley la semaine dernière.

Lâché aussi par Signature Bank, proche de la famille Trump

Pour Donald Trump, les ennuis ne s’arrêtent pas là. Lundi, Signature Bank a décidé de fermer les comptes personnels du président américain, qui y détenait un peu plus de 5 millions de dollars. Pire : l’établissement new-yorkais, proche de la famille Trump depuis de nombreuses années – Ivanka Trump, la fille de Donald, a notamment siégé à son conseil d’administration – a appelé à sa démission.

Le locataire de la Maison-Blanche risque donc de payer cher les événements du Capitole. Ces derniers jours, plusieurs entreprises américaines ont publiquement condamné son attitude, certaines joignant les actes à la parole. La plateforme de vente en ligne Shopify a ainsi fermé des pages officielles vendant des articles à son effigie. Le service de paiement sur Internet Stripe a, lui, décidé de ne plus gérer les transactions de son site de campagne.

En outre, de nombreuses sociétés s’en sont prises aux alliés politiques de Donald Trump. Amazon, General Electric, AT&T, Dow, Comcast, Verizon, American Express, Airbnb ou Mastercard ont menacé d’entraver les levées de fonds des républicains, qui seront sous peu privés du pouvoir à la Maison-Blanche et désormais minoritaires aux deux chambres du Congrès . Tandis que JPMorgan Chase, Microsoft, Facebook et Google ont, de leur côté, décidé de suspendre toute donation politique, aussi bien en faveur des républicains que des démocrates.

La plupart des donateurs ont coupé les fonds soit parce que les élus qu’ils finançaient se sont opposés aux résultats de l’élection présidentielle, soit parce qu’ils ont été jusqu’à voter contre la confirmation de l’élection de Joe Biden, comme dans le cas de 22 élus républicains à la Chambre des représentants soutenus par Amex. Ces grandes entreprises craignent une dégradation de leur image tant auprès de leurs salariés mécontents que du grand public.

Les suspensions varient selon les entreprises, rapporte un article du « Financial Times ». Le chimiste Dow ne mettra plus d’argent pour un cycle électoral entier, c’est-à-dire deux ans pour la Chambre des représentants et six ans pour le Sénat. Du côté des banques, Citigroup interrompt les contributions financières pour trois mois, JP Morgan Chase pour six mois et Goldman Sachs… jusqu’à nouvel ordre. Les flux vont s’assécher pour quelque temps, mais les prochaines élections ne sont pas avant novembre 2022.

Décès de Sheldon Adelson, l’un des grands donateurs de Trump

Grand soutien d’Israël et des républicains, le magnat des casinos, Sheldon Adelson, est décédé à 87 ans. Né à Boston, fils d’un chauffeur de taxi d’origine lituanienne et d’une mère ukrainienne, il a construit un empire, du salon de technologie Comdex aux casinos de Las Vegas qu’il a dupliqués en Asie. Avec une fortune évaluée à 35 milliards de dollars, il a oeuvré toute sa vie pour renforcer les liens avec Israël et avait investi 220 millions de dollars dans les dernières élections américaines.

Source ici

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