avec l’accord sur le Roundup, les affaires peuvent continuer pour le glyphosate

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Le groupe Bayer avait déboursé 56 milliards d’euros pour racheter Monsanto en 2018. Il vient d’ajouter plus de 9 milliards d’euros pour en finir avec les affaires judiciaires en cours ou à venir aux États-Unis impliquant le Roundup, cet herbicide à base du controversé glyphosate, commercialisé par sa filiale.

Les accords signés mercredi 24 juin – selon une procédure de médiation courante outre-Atlantique – devraient mettre un terme à « 75 % des litiges impliquant environ 125 000 demandes » ayant fait l’objet d’un dépôt de plainte ou de la saisie d’un avocat.

Une affaire de bénéfices

Les « futurs cas potentiels » relèvent d’un mécanisme spécial. Celui-ci prévoit de s’en remettre, pour le versement d’éventuels dommages et intérêts, aux conclusions d’un « comité scientifique indépendant », qui devra déterminer si le Roundup peut provoquer une forme de cancer.

Ce que Bayer conteste, arguant de l’absence de preuves scientifiques. « Ces accords ne sont pas une reconnaissance de responsabilité ou de faute, précise Rémy Courbon, directeur des affaires agricoles à Bayer France. Nous restons convaincus que le glyphosate apporte un bénéfice aux agriculteurs pour lutter contre les mauvaises herbes, sans risque avéré pour la santé et avec un impact faible sur l’environnement. »

Le bénéfice pour Bayer n’est pas moins grand, même si la firme est discrète sur ses chiffres de vente. En 2015, il s’est écoulé plus de 850 000 tonnes d’herbicides à base de glyphosate dans le monde, ce qui a rapporté 4,3 milliards d’euros à Monsanto qui contrôlait alors 30 % des parts de marché.

Une question de principe

« Aujourd’hui, en Europe, le glyphosate ne représente plus que 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 15 millions en France », précise Rémy Courbon.

Le glyphosate, « un produit efficace et peu cher mais des alternatives existent »

« Pour la firme, l’enjeu est moins économique que de principe, soutient Gil Rivière-Wekstein, auteur de Glyphosate, l’impossible débat (1) et défenseur de la molécule. Il s’agit de faire cesser ce cirque judiciaire qui faisait courir un risque financier et réputationnel à Bayer. Et de ramener le débat dans le champ scientifique, d’où il n’aurait jamais dû sortir. »

Une nouvelle évaluation des risques liés au produit est actuellement conduite par l’autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Les résultats sont attendus pour décembre 2022.





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