Guinée : déboussolées par la pandémie, des professionnelles de sexe tirent le diable par la queue (Reportage)

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Même si on en parle peu, les professionnelles de sexes sont aussi touchées par la présente crise sanitaire due à la pandémie du nouveau coronavirus.Plus de trois mois après l’apparition de la pandémie, ces filles de joie, sont à ce jour en difficulté. Faute de client, elles se retrouvent sans aucun revenu pour subvenir à leurs besoins.

A travers un reportage réalisé à cet effet, notre rédaction a fait une immersion dans ce monde méconnu par certains pour chercher à savoir comment ces filles qui pratiquent le plus vieux métier, parviennent à joindre les deux bouts, pendant cette période de crise.

Sous couvert d’anonymat, certaines que nous avons approchées, ont expliqué leurs peines pendant cette période de crise sanitaire.

C’est le cas de cette professionnelle, qui avait l’habitude de recevoir plusieurs clients. Mais à cause du coronavirus, difficile pour elle d’en avoir plus d’un.

« Moi, c’est dans ce métier que je gagne ma vie. Mais, depuis la déclaration du coronavirus dans le pays, j’ai perdu la clientèle et cela m’affecte beaucoup. Avant, je pouvais entretenir (4) à (5) clients chaque nuit et je gagnais une somme satisfaisante, elle (somme) était donnée en fonction du plaisir que mon client ressentait. Mais actuellement même pour en trouver (1) c’est tout un problème, franchement. Et quand je le trouve, le mec me propose un montant de 30.000 à 50.000 qui ne peut même satisfaire mes besoins et je suis obligée de l’accepter pour pouvoir l’aider, parce qu’il n’y a rien présentement. Parfois, c’est moi même qui contacte certains et je les arrange avec un prix abordable », a-t-elle expliqué

Elle autre qui continue tant bien que mal son activité, nous confie que malgré le risque de contracter la maladie, elle n’a que le préservatif comme protection, arguant que c’est Dieu qui sauve l’être humain.

« C’est vrai que l’heure est grave avec cette maladie, mais tu sais avec l’excitation on ne peut se contrôler. Alors à part l’utilisation du condom, je n’ai aucune méthode pour me protéger contre cette maladie. C’est Dieu qui sauve l’homme. Avec cette histoire aussi du couvre-feu, je ne sais quoi, mon client et moi le faisons dans la plus grande discrétion, il m’envoie l’adresse du lieu où nous devons faire la rencontre et après l’acte il me donne mon argent c’est tout », a-t-elle indiqué.

Tout comme nos précédentes interlocutrices, cette fille de joie déplore une baisse considérable de son revenu.

« Personnellement, la présence de la covid19 n’a pas dérangé mon agenda, je travaille très bien et régulièrement même. Mais seulement ma source de revenu a connu quand-même une légère baisse. Avant pour me déplacer, c’est-à-dire, être à ta disposition toute une nuit, il faut 1 000 000 à 1 500 000 GNF, et vue la conjoncture actuelle la situation n’est plus comme avant, mais j’y gagne au moins. Puisque tous mes clients détiennent mon contact et dès qu’ils ont besoin de moi ils m’appellent, on discute le prix. Moi, c’est comme ça, que ça fonctionne chez moi », a-t-elle laissé entendre.

Cette énième fille prie pour la fin de cette pandémie, afin que ses activités reprennent convenablement.

« Quand je dois m’occuper de 3 à 4 hommes par jour, parce que moi je travaille la journée aussi la nuit, je ne pense même pas à la protection avant. Pour le bien de mes clients, je me protège contre ce virus en utilisant le masque, je désinfecte tout mon corps et il en est de même pour mes clients. Si tu vois l’homme entretenir des relations sexuelles, c’est parce qu’il est en bonne santé donc la santé avant tout. Que Dieu fasse que cette maladie quitte notre pays pour la reprise effective de mes activités », a-t-elle fait savoir.

En attendant de savoir si le couvre-feu sera levé les jours à venir, ces « prostituées », continuent de tirer le diable par la queue.

Mosaiqueguinée







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