l’équipage du Boeing disparu en mer n’a pas émis de signal de détresse

Les recherches continuaient, lundi 11 janvier, après le crash au large de l’Indonésie d’un Boeing transportant 62 personnes. L’équipage de l’appareil qui s’est abîmé en mer de Java samedi n’a pas envoyé de signal de détresse avant que l’avion tombe en mer, a indiqué un responsable de l’enquête, alors qu’une vaste opération de recherches impliquant quelque 2 600 sauveteurs et militaires a permis de localiser le signal de deux boîtes noires de l’appareil à 23 mètres de profondeur, que les plongeurs recherchent encore.

Un enregistrement des communications de l’équipage avec les contrôleurs aériens révèle des dialogues de routine et aucun échange avant que le Boeing 737-500 de Sriwijaya Air plonge en mer, de quelque 10 000 pieds en moins d’une minute, a indiqué Nurcahyo Utomo, enquêteur de l’agence indonésienne de sécurité des transports. « C’est comme une conversation normale, et il n’y a rien d’inquiétant, a-t-il expliqué. Il n’y a pas mention d’une situation d’urgence ou de quelque chose de ce type. » Les données préliminaires suggèrent que « très probablement » l’avion était encore intact quand il a touché l’eau. « Mais nous ne savons pas à ce stade ce qui a causé le crash », a insisté l’enquêteur.

Des images diffusées par la marine montrent un fond marin jonché de débris, où les secours ont repêché des morceaux de fuselage, mais aussi des restes humains. Ces derniers sont transférés vers un hôpital de la police, où des spécialistes cherchent à les identifier à l’aide d’échantillons d’ADN prélevés chez des proches des victimes. La police a dit avoir identifié une première victime lundi grâce à l’empreinte digitale d’une de ses mains, remontée à la surface. « L’équipe (…) a réussi à identifier l’une des victimes de l’accident, Okky Bisma. » Il s’agit d’un steward de 29 ans.

L’enquête pourrait durer des mois

L’enquête sur l’accident, le dernier en date d’une série de catastrophes aériennes en Indonésie, pourrait prendre des mois. Des spécialistes de l’aviation ont souligné que les données de vol indiquent que l’appareil a fortement dévié de sa trajectoire prévue avant de chuter brutalement de quelque 10 000 pieds (3 000 mètres) en moins d’une minute, avant de plonger dans la mer de Java.

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Ils estiment que le mauvais temps – des pluies torrentielles avaient retardé le décollage –, des erreurs de pilotage ou un problème technique ont pu être des facteurs du drame. Stephen Wright, professeur de systèmes aéronautiques à l’université finlandaise de Tampere, relève que la vitesse relativement basse de l’avion était un signe d’alerte. « Il s’est passé quelque chose de dramatique après le décollage. »

La compagnie a bas prix Sriwijaya Air, qui dessert des destinations en Indonésie et en Asie du Sud-Est n’a pas donné d’informations sur ce qui a pu se passer dans cet appareil, vieux de vingt-six ans, exploité précédemment par Continental Airlines et United Airlines aux Etats-Unis. C’est le premier accident mortel impliquant Sriwijaya depuis les débuts de la compagnie, en 2003. L’avion de Sriwijaya n’appartient pas à la nouvelle génération controversée de Boeing 737 MAX, il s’agit d’un Boeing 737 « classique ».

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Le Monde avec AFP

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