l’État garde un œil très attentif sur le dossier et rejette la tentative de « pression » de Canal+

Le feuilleton des droits audiovisuels du foot français se poursuit et l’État n’en perd pas une miette, bien qu’aucun des acteurs concernés ne soit public. Derniers rebondissements en date : Canal+ rend ses droits télé et souhaite un nouvel appel d’offres pour les matchs de Ligue 1. Le gouvernement surveille déjà de près l’ensemble de la filière du foot français, et cela pour une raison simple : le foot professionnel génère 8,5 milliards de retombées économiques, de nombreux emplois et les premières audiences télévisuelles.

L’État ne peut donc pas s’en désintéresser et cette vigilance est renforcée par la crise sanitaire du Covid-19 et son impact sur les recettes des clubs : des ventes de ticket à zéro, un sponsoring réduit à peau de chagrin… Le montant des pertes a été évalué en janvier à au moins un milliard d’euros, a affirmé mercredi 13 janvier sur franceinfo Philippe Bailly, président du cabinet NPA Conseil, spécialisé dans le secteur des médias et des services numériques. Un grand nombre de clubs pourraient se retrouver en cessation de paiement. À l’Élysée, on insiste donc aujourd’hui sur le fait qu’aucun club ne sera laissé sans solution.

Mais l’entourage d’Emmanuel Macron souligne également que l’État n’a pas à intervenir sur l’affaire des droits, qui relève d’un appel d’offres. Pour un collaborateur du président, « il s’agit d’une relation commerciale entre acteurs privés ». En clair, pas question pour Emmanuel Macron ou Jean Castex de réfléchir à une compensation financière du fait du retrait de Mediapro.

Pas question, non plus, de répondre favorablement aux demandes de Canal+, en marge de l’affaire des droits audiovisuels, sur son taux de TVA (notamment sur les abonnements et recettes publicitaires) ou sur ce que l’on appelle la « chronologie des médias » (pour pouvoir diffuser des films et des séries plus rapidement). Dans son interview au Figaro, Maxime Saada ne s’en cache pas : il juge que « l’environnement concurrentiel, fiscal et réglementaire de Canal+ ne lui permet plus d’investir dans le foot ». Une pression sur l’État de la part de Canal+, qui demande des garanties en matière fiscale et sur la question de la diffusion des œuvres cinématographiques.

« Il y a un réel enjeu sur la TVA. »

Philippe Bailly, le président du cabinet NPA Conseil

à franceinfo

Philippe Bailly, le président du cabinet NPA Conseil, décrypte les choses à franceinfo : « Au début de l’automne, Maxime Saada, le patron de Canal+, demandait un retour au taux réduit de TVA à 5,5%, sachant qu’aujourd’hui il est à 10%, et qu’il y a une disposition du budget qui a été votée en fin d’année qui pourrait faire passer Canal+ à 20%, donc ça ferait une espèce de double salto dans le mauvais sens. »

Ce sont des questions complexes, mais à l’Élysée, c’est clair, à ce stade pas question de lier la question des droits télé et la régulation du secteur audiovisuel. Selon un député, spécialiste des questions sportives, « Emmanuel Macron est heurté par la manière dont Vincent Bolloré, le propriétaire de Canal+, tente de passer en force ». Vincent Bolloré, l’homme d’affaires, propriétaire de Canal+, Havas, CNews, dont l’appétit pour les médias paraît insatiable..

L’exécutif tente de se maintenir, pour l’instant, à distance de cette affaire de droits télévisuels. Dans l’immédiat, Cédric Roussel, député La République en marche, détaille à l’Assemblée nationale la commission d’enquête qu’il souhaite mettre en place sur toute cette affaire.

Dans les prochaines semaines, une proposition de loi sur le sport devrait permettre de mieux lutter contre le piratage des matchs, ce qui est aussi une revendication de Canal+. Le feuilleton des droits télé, crucial pour le foot français, n’est donc pas prêt de s’achever.

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