Pratiquer l’écosexe ou faire l’amour pour sauver la Terre 

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« J’ai fait l’amour avec la mer », chantait Véronique Jannot en 88. Aujourd’hui, coucher avec un moustique, embrasser des fruits, se marier avec un arbre… nous rapprocherait de la Nature. D’où vient l’écosexe et comment ce mouvement est-il né ? Réponses.

Pour sauver la Terre en péril, certains ont décidé de lui faire l’amour ! Pour arrêter la guerre ? Oui, mais surtout pour se reconnecter avec la Nature, la voir comme un élément vivant à part entière et, de cette manière, y faire plus attention et en prendre soin.
L’écosexe naît au début des années 2000 et n’a rien à voir avec les nouvelles habitudes à prendre pour rendre vos ébats moins polluants pour la planète.
A la base, ce sont deux artistes, Annie Sprinkle et Elizabeth Stephens qui mettent leur amour physique pour la Nature et ses composantes, en avant lors d’unions tout à fait remarquables, puisque ce couple de féministes se marient symboliquement à des pierres, du charbon, de la terre avant de les enlacer.
Les deux femmes ont signé un manifeste, que l’on peut trouver sur leur site Internet, Sexecology, dans lequel elles se disent ouvertement « eco-sexuelles », c’est-à-dire qu’elles ne considèrent plus la Terre comme une Mère nourricière mais comme un(e) amant(e).
Slate révèle que plusieurs artistes dont des réalisateurs, peintres, sculpteurs, etc. mais également des universitaires se sont intéressés à cette nouvelle lecture du sexe écolo.
Il est vrai que, dans la culture Pop, les fruits (pêches, bananes, cerises, papaye) sont particulièrement appréciés pour signifier le désir sexuel.

Faîtes l’amour (à la Nature), pas la guerre !

Jouir au creux d’un arbre, se masturber avec une feuille, faire l’amour à l’air libre, laisser un moustique vous sucer le sang et y voir d’une certaine euphorie sexuelle... Pour les pratiquants, l’écosexe, c’est ne faire qu’un avec la Nature et y trouver du plaisir !

La représentation la plus ancienne des pratiques proches de l’écosexe semble dater du XVe siècle avec le triptyque Le Jardin des Délices du Néerlandais Jérôme Bosch. En effet, sur le tableau représentant « l’Humanité avant le déluge », on remarque que certains personnages s’adonnent à des pratiques sexuelles avec des animaux, des fruits, des fleurs… 

A Venise, une tradition païenne datant de l’Antiquité puis récupérée par l’Eglise est célébrée chaque année le jour de l’Ascension.

Depuis le XIe siècle environ selon les auteurs, le doge de Venise se marie avec la mer en lançant un anneau dans l’estuaire. Aujourd’hui, c’est le maire de la ville qui assure la perpétuation de cette tradition, qui avait pour but de calmer les dieux et de leur demander d’être généreux envers les pêcheurs.

L’ecosexe : industrie érotico-bio, délire artistique ou sauvetage sensuel ?  

Si le message des écosexuels peut paraître engagé, n’y a-t-il pas une part de fake dans ce mouvement qui érotise la Nature ? En effet, les deux artistes à l’origine du manifeste sur l’écosexe ont créées un véritable business autour du mouvement : conférences, livres, excursions en pleine nature, études et expositions artistiques. C’est à se demander si l’écosexe n’est pas une tendance hippie plutôt qu’un phénomène de lutte contre l’extinction de notre planète…

Pour les principaux intéressés, dont le nombre d’adeptes ne cesseraient de croître (Elizabeth Stephens évoquait 100 000 écosexuels en 2016 dans le monde) l’affaire est bien sérieuse, à tel point qu’ils demandent que la lettre « E » pour « ecosexuel » soit ajoutée à l’acronyme LGBTQI+.
D’après Stéphanie Iris Weiss, auteure de Ecosexe : Ta vie sexuelle est-elle verte ?, « le sexe est une manière habile de sensibiliser en douceur de nouvelles personnes à la cause écologique », lit-on sur Flair.be. De manière plus explicite, l’Américaine résume l’idée des partisans du sexe écolo ainsi dans Vice : « Vous ne pourrez plus baiser lorsque vous passerez votre temps à tenter d’échapper à des inondations ».
Vous l’aurez compris, le sexe est un moyen de fédérer et appartient au langage universel : ce n’est qu’une manière d’éveiller les consciences sur le sort de la Terre, tout en étant artiste, scientifique ou simple randonneur. Est-ce que ça fonctionne ? Ce n’est pas Trump qui nous le dira…





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