Rabah Madjer, le génie de Belcourt

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Un coup de génie, une inspiration magique, un geste de grande classe suffisent parfois à bâtir une légende. Le nom de Rabah Madjer, icône du football algérien et africain, est en effet inscrit en lettres d’or au panthéon du sport-roi pour sa talonnade victorieuse, signée en finale de la Ligue des Champions 1987.

Mais l’illustre maître à jouer du FC Porto des années 80 n’est pas uniquement un esthète du ballon rond, c’est également un footballeur génial qui a permis aux Fennecs de décrocher leur seule et unique Coupe d’Afrique des Nations.

Surnommé «L’architecte», le gamin de Belcourt a très tôt fait étalage d’un talent certain au sein du NA Hussein Dey (Algérie). A seulement 17 printemps, il s’imposa rapidement comme un élément indispensable au sein de l’équipe première de l’écurie algéroise où il y restera onze ans. Onze années durant lesquelles il va faire admirer sa technique et son sens du but, alliant efficacité et beauté du geste.

Toutes ces performances valent à Madjer de rallier l’Europe du côté du championnat français, où il signa à l’âge de 24 ans au RC Paris. Son court passage dans l’Hexagone ne fut pas glorieux mais il permit toutefois au club parisien d’accéder à la Ligue 1 en 1984 en inscrivant l’impressionnant total de 20 buts en 27 rencontres pour son premier exercice en Europe.

Malheureusement Madjer et ses partenaires n’ont pas fait long feu chez l’élite puisque le Racing acheva l’exercice suivant lanterne rouge du championnat. C’est alors qu’attiré par le jeune prodige et flairant le bon coup, le FC Porto obtiendra la signature du très prometteur algérien en juillet 1985. Au Portugal, la carrière du génie de Belcourt prit son véritable envol !

Franchissant un palier déterminant, le surdoué algérien s’affirma en un temps record comme étant le chef d’orchestre, le maestro d’une redoutable formation qui dansait sur le toit du Portugal et du « Vieux-Continent » avec plusieurs trophées nationaux et continentaux dont la mémorable finale de la Ligue des Champions 1987, brillamment remportée par les « Dragons » face au Bayern Munich (1-2).

Durant la grande finale de Vienne, Rabah Madjer va réaliser l’un des chefs d’œuvres les plus emblématiques du l’histoire du football en signant un but d’anthologie.

En effet, et alors que ses coéquipiers subissaient la loi du géant bavarois, l’Algérien jaillit au milieu de l’épais bloc défensif allemand et du talon droit, il propulsa le cuir hors de portée du gardien belge Jean-Marie Pfaff. Un geste plein de classe, de sang-froid et d’audace qui offrit à Porto la première C1 de son histoire et qui fait que le nom de Madjer demeurera à jamais gravé dans le lexique du sport-roi.

Au terme de cet exercice footballistique mémorable, le chouchou des « Dragões » recevra le Ballon d’Or africain 1987. Une juste récompense pour cet attaquant de génie qui a impressionné tous les férus du ballon rond.

Mais Rabah Madjer ne s’est pas arrêté qu’à ses exploits en club. Il forgea sa légende grâce également à ses joutes internationales remarquables sous le maillot national au sein d’une génération exceptionnelle de « Fennecs » composée par les illustres Lakhdar Belloumi, Mustapha Dahleb, Salah Assad, ou encore Ali Fergani.

Auteur de performances de haut vol lors des Coupes du Monde 1982 et 1986, buteur historique face à l’Allemagne de l’Ouest lors du Mondial espagnol, l’homme aux 86 capes avec l’Algérie connaitra sa plus grande émotion en équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique des Nations 1990, organisée à domicile.

Elu meilleur joueur de la grande messe du football africain à 32 ans, il offrit à son pays le premier trophée majeur de son histoire. La meilleure manière de parachever une riche carrière internationale ponctuée de 29 réalisations et jalonnée de nombreux exploits mémorables qui font de Madjer l’un des joueurs les plus emblématiques de l’histoire du football algérien, africain et mondial.


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