Razer Book 13 : le test complet

En novembre dernier, par visioconférence, le porte-parole de Razer bombait le torse. La marque allait sortir un vrai PC ultraportable 13,4 pouces – le Razer Book 13 – capable de tenir la dragée haute à tous les concurrents. Une machine ultrafine pour le jeu ? Non ! Pour le travail et rien que pour lui. Mais qui ne renierait pas non plus son héritage pour autant : quelques points communs avec ses grands frères Blade Stealth, Blade 15 et 17 Pro seraient au rendez-vous. Notamment en matière de confort, de lignes et de design sans oublier, le clavier qui serait bien sûr rétroéclairé et pas monochrome.

Nous avons reçu le Razer Book 13 affiché à 1900 euros en test. L’unité que nous éprouvons était à 99% finale, quelques petits défauts cosmétiques étaient visibles et quelques ajustements demandaient encore à être faits au niveau du maintien de quelques nappes sur la carte mère. Pour le reste, c’était tout bon. Alors, ni une, ni deux : on l’a testée et nous sommes surpris des résultats.

Lors de son annonce, nous avions déjà largement détaillé le Razer Book 13, aussi nous ne referons pas les présentations en détail. Nous avons toutefois vérifié les informations communiquées par la marque, notamment sur la taille et le poids du boîtier. Nous avons relevé une épaisseur de 1,68 cm au plus haut et un peu moins de 1,4 kg sur la balance. Pas mal pour un 13,4 pouces, ce n’est pas le plus fin ni le plus léger, mais il est dans les clous actuels et conformes aux annonces de la marque.

L’écran 13,4 pouces est bien incrusté dans le capot, ses bords latéraux sont plus fins que leurs homologues supérieurs et inférieurs. On note à ce propos que la webcam est cernée de 2 petits micros de chaque côté (4 en tout), et qu’un capteur de luminosité ambiante est aussi caché juste à côté d’elle. 

La surface d’affichage est plus que confortable et elle s’incline assez pour faire pencher légèrement la machine vers l’avant et, ainsi, faciliter la frappe. On apprécie que l’écran ait, aussi, une fermeture un peu aimantée et qu’il ne dépasse pas d’un millimètre par rapport au plateau intérieur. Sans transition, parlons finitions.

Razer Book 13

On nous avait promis de l’aluminium de couleur claire, découpé à la machine numérique et usiné avec soin, c’est le cas. La finition argentée, presque blanche, est très jolie et rien ne dépasse. Même l’incrustation des prises – deux Thunderbolt 4, une prise USB plein format, une sortie HDMI plein format, un lecteur micro SD et la prise jack combo – est impeccable. Certaines grandes marques auraient bien quelques inspirations à puiser sur ce Book 13. On n’atteint pas le savoir-faire d’un Apple en la matière mais honnêtement, on s’en approche pas mal.

À lire aussi – USB : on vous explique ce que peuvent vous offrir les prises de vos PC actuels et à venir

Seul regret, l’ensemble de la machine marque toutefois très vite. Les différentes parties du boîtier adorent conserver vos traces de doigts un peu partout. 

Un clavier gamer adapté aux tâches quotidiennes

Toutes blanches, les touches du clavier du Book 13 ont un gabarit assez standard et, bien qu’elles soient cernées, à droite et à gauche, par les enceintes (anémiques) de la machine, elles occupent bien le terrain.

De fait, après quelques minutes, les doigts tombent naturellement sur les touches et y courent à toute allure. Notre unité de test avait une disposition QWERTY et non AZERTY, mais il y a fort à parier que les forces et les faiblesses soient les mêmes. Les forces tout d’abord : le silence. Vous tapez du texte, un peu fort, comme nous, le clavier absorbe les bruits de frappe.

Certains trouveront le répondant un peu mou ou pas assez franc, ils n’auront pas forcément tort. Mais en matière de clavier, c’est comme en matière de couleur, tout est affaire de goût. Et des couleurs, justement, il y en a sous les touches.

Razer Book 13

Via le logiciel Synapse, vous pouvez régler la couleur des touches comme il vous plaît. Soit par zone, soit par touche, avec ou sans effet d’animation (spirale, cascade) : si vous aimez le RGB même pour travailler, vous allez adorer. Vous pouvez, comme sur les machines de jeu, créer des profils d’illumination en fonction des applications que vous lancez.

Bien entendu, si vous avez d’autres équipements Razer (ou des produits compatibles avec la technologie lumineuse Chroma de ce dernier), vous pourrez faire en sorte de tous les synchroniser pour que les couleurs changent en même temps, pour tout le monde.

Le touchpad, pour sa part, est peut-être un ou deux centimètres trop large à notre goût mais, surtout, il est trop mou. Nous qui sommes habitués à avoir des surfaces de glisse bien fermes sous les doigts, là, c’est la douche froide. Il manque un peu de répondant aussi et nous nous sommes parfois surpris à préférer faire des sélections à même la dalle tactile que sur la surface de glisse prévue à cet effet. Et pourtant… nous n’apprécions pas spécialement les écrans tactiles sur les PC portables de format classique.

Razer Book 13

Pourquoi ? La première raison est simple : la forme de la machine, classique (ou clamshell dans le jargon), ne se prête pas à utiliser ces doigts pour piloter Windows 10. Deuxièmement, le tactile, ce n’est pas toujours bon pour l’autonomie, même si de gros progrès ont été réalisés par l’industrie du PC ces dernières années.

Enfin, le tactile, ça ajoute un peu de poids à un appareil. La vitre qui protège la matrice est bien plus lourde qu’un simple revêtement mat. Un revêtement qui, en plus, permet de lutter contre les reflets. Alors qu’ici, malgré un sommaire traitement anti-reflets justement, vous aurez l’occasion d’admirer le vôtre assez fréquemment dans l’écran du Book 13.

Un écran 13,4 pouces qui doit s’améliorer sur la colorimétrie

Pour vous aider à ne pas trop vous voir dans l’écran 13,4 pouces FHD+ (1920 par 1200 pixels) justement, vous allez pouvoir jouer sur le niveau de luminosité de la dalle. Celle-ci a été évaluée à 452 cd/m2 en moyenne maximale, bien au-dessus de celles des ultraportables testés par la rédaction. Au centre, elle est même de 481 cd/m2 et, sur l’ensemble du panneau et, avec le curseur à fond, elle ne descend pas sous la barre des 430 cd/m2. Belle performance.

À l’usage, positionner la réglette entre 50 et 70% dans l’interface de Windows 10 est largement suffisant pour ne pas vous éblouir tout en maintenant une bonne visibilité du contenu affiché.

Razer Book 13

Le taux de contraste, lui, a été mesuré à 1675:1 en moyenne maximale. Là encore, c’est mieux que les concurrents éprouvés ces derniers temps (1474 environ). Et pour ne rien gâcher, l’homogénéité est très bonne. Notre indice est donc tombé à 0,016 ce qui place le Razer Book 13 parmi les meilleurs élèves de sa classe.

Razer nous a assuré avoir mis le paquet sur la colorimétrie. Ça, c’est un refrain qu’on entend de plus en plus ces dernières années dans la bouche des représentants des marques de PC. Mais il n’y a que notre sonde qui ait notre confiance.

Le Razer Book se distingue plutôt bien du peloton. Son Delta E, en mode par défaut (sRGB couvert à un peu plus de 100%), est de 2,65 en moyenne globale.
Dans le détail, on remarque que les bleus sont un peu moins justes que les rouges et les verts. Les gris, eux, sont verdâtres et le blanc… n’est jamais vraiment pur. Dommage.

En mode DCI-P3, couvert à tout juste 90%, le Delta E monte à 3,55 et là, ce sont les rouges et les verts qui accumulent les fausses notes. Et les gris n’arrivent pas non plus à redresser la barre, comme en sRGB.

Autonomie : vraiment pas mal pour un débutant

Avant d’aborder la partie performance, voyons si ce premier ultraportable taillé pour le travail et construit par un spécialiste du gaming propose une bonne autonomie. Comme il n’y a aucun processeur graphique 3D dédié dans la machine et que, nous le verrons, c’est une configuration Intel dernier cri qui est à la barre, nous nous attendons à pouvoir emporter le Razer Book 13 partout. Et sans avoir besoin de nous « charger » de son tout petit chargeur USB Type-C mais dont le format reste classique : un bloc, deux câbles.

Il a toutefois le mérite de recharger la batterie à 50% en moins de 40 minutes et de complètement faire le plein en 2 heures. Deux très bons temps à inscrire à son palmarès. Et ce ne sont pas les seuls !

Razer Book 13

En autonomie polyvalente, le Razer Book 13 tient un peu plus de 12 heures, ce qui le positionne à deux heures de plus que la moyenne actuelle.

C’est même 30 minutes de mieux que le Dell XPS 13 classique de fin 2020, presque une heure de mieux que le MacBook Pro 13 en Core i5 sorti l’année dernière. Le champion incontesté de la discipline reste toutefois le MacBook Pro 13 M1, qui dépasse les 17 heures .

À lire aussi – Top 5 : les PC ultraportables avec la meilleure autonomie (janvier 2021)

Razer Book 13

En autonomie de lecture vidéo streamée en continu, là, la batterie tient 9 h 16, une heure de plus que la moyenne calculées sur ces derniers mois.

Là, le Dell XPS 13 le surclasse d’une heure, le MacBook Pro équipé de processeur Intel Core i5, le bat d’une bonne heure également. Et la version en Apple M1 survole tout le monde, avec 14 heures au compteur.

Le Core i7 de 11e génération pour assurer de la polyvalence nomade

Pour jouter à armes égales contre la concurrence, le Razer Book 13 choisit les derniers composants Intel pour faire tourner vos applications et Windows 10. Selon la configuration de la machine, ce sera – au choix – un Core i5 ou un Core i7 qui jouera le chef d’orchestre. Sur notre unité de test, c’est le Core i7-1165G7 – accompagné de 16 Go de mémoire LPDDR4x (soudés à la carte mère) et d’un SSD de 512 Go amovible – qui se charge de tout.

(Nota : notre unité de test, non-finale, n’avait que 256 Go de SSD).

On précisera que le Core i7 est ici alimenté de manière classique et qu’il offre donc une vitesse de croisière de 2,8 GHz sur tous ses coeurs, avec activation du mode Turbo jusqu’à 4,7 GHz lorsque cela est possible.

Razer Book 13

C’est en effet la puce Intel qui va se charger des calculs purs et durs, mais aussi de l’affichage des fenêtres. Voire même des quelques jeux vidéo que vous pourrez lancer sur la machine, le contrôleur graphique flambant neuf étant capable de faire tourner quelques polygones sans trop souffrir.

Parmi tous les usages classiques et quotidiens (surf, retouche de photo pour la publication, saisie), aucun ne met le Book 13 en défaut. Et d’après les scores obtenus dans les différents tests analytiques, il est même souvent au coude-à-coude avec le Dell XPS 13. C’est un peu normal : tous les deux ont presque la même plate-forme Intel de 11e génération.

Reste qu’en performance pure et dure, il se fait souvent distancer par le Yoga Slim 7 et sa puce AMD Ryzen 7 4800U dans les épreuves, notamment celle de création numérique.

Dans les jeux, les indices de performances sont bons à condition de ne pas trop en demander à la partie graphique Intel Iris Xe intégrée. Elle a beau être proposée ici dans sa version la plus complète, elle n’est pas capable d’égaler un GPU dédié digne de ce nom. Dans les titres assez anciens, en 1080p avec une bonne quantité de détails, vous maintiendrez le cap au-delà des 60 images par seconde.

Sur les jeux plus récents ou sur lesquels vous pousserez le curseur des détails trop loin tout en conservant une taille d’image Full HD, l’Iris fera les gros yeux. La ventilation et la chauffe sanctionneront aussi ce manque de civilité de votre part. Toutefois, la première aura la décence de ne pas vous perforer les tympans, et – la seconde – de vous faire rougir les cuisses.

À lire aussi – Premiers tests : que vaut le plus puissant des Intel Core de 11e génération pour PC ultraportable ?

Pas trop de bruit, pas trop de chauffe

Grâce à l’utilitaire logiciel Synapse de Razer, faire varier le profil de ventilation selon deux modes (Auto ou manuel) est possible. Nous avons effectué tous nos tests en mode Auto. Quand vous stressez la machine, les deux ventilateurs montent progressivement en charge pour atteindre une vitesse de rotation assez élevée (5500 rotations par minute max). On les entend. Et même… bien. Mais jamais ils ne hurlent. Notre dispositif de mesure indiquait 34 dB maximum, c’est très raisonnable. Lorsque vous sollicitez uniquement la partie calcul, à plein, on peut monter un peu plus haut (+ 2 dB).
Si vous ne faites rien qui ne puise dans la puissance outrageusement de la puce Intel, les ventilateurs s’arrêtent et il n’y a pas un bruit.

La chauffe, elle, est maîtrisée. Tant dedans que dehors. Ainsi, lorsque vous occupez tous les cœurs du processeur ET la partie graphique, il y a des oscillations de fréquences mais à aucun moment, nous n’avons constaté d’effets de throttling très important, au pire 100 MHz de moins.  Ça passe tout à fait inaperçu. Si vous ne sollicitez que le processeur pour du calcul, pas de baisse de voilure. Au contraire, il enclenche le Turbo de manière régulière sur un ou plusieurs threads suivant les besoins de l’appli.

En promenant notre dispositif de relevé thermique sur toutes les parties du boîtier, nous avons relevé une pointe 43,5°C au niveau des aérations sous la machine. On retrouve cette même température, juste au-dessus du clavier, sur la partie où est logée la charnière de l’écran. Les reposes-paumes, quant à eux, restent à des températures comprises entre 31 et 31,8°C. Il n’y a qu’au milieu du clavier que la chauffe atteint presque les 39°C. Chapeau, nous sommes bluffés : Razer ne nous a pas toujours habitués à ce genre de prestation par le passé.





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