Sidya Touré à Africaguinee.com : « Nous ne reconnaitrons jamais le 3ème mandat… » ( in Africaguinee)

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CONAKRY- C’est depuis Paris où il est en séjour que Sidya Touré a réagi suite à la désignation d’Alpha Condé comme candidat du RPG Arc-en-ciel à l’élection présidentielle du 18 octobre prochain. Le leader de l’Union des Forces Républicaines qui a eu un entretien de quelques minutes avec un journaliste d’Africaguinee.com a levé un coin du voile sur son avenir politique, notamment sa candidature ou non au prochain scrutin présidentiel. Avec l’ancien Premier Ministre Sidya Touré, il a aussi été question des stratégies de l’opposition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

AFRICAGUINEE.COM : Après une coalition de partis politiques de la mouvance présidentielle c’était autour du RPG Arc-en-ciel de porter son choix sur la personne d’Alpha Condé comme candidat à l’élection du 18 octobre prochain. Qu’en dites-vous ? 

SIDYA TOURE : Avec Alpha, on ne s’attendait pas à autre chose. Toute cette histoire c’est un cinéma qui a été mis en place dont l’objectif est de donner l’impression que nous sommes contre le peuple de Guinée. Pendant que les manifestants sont dans les fiefs du RPG, vous avez tous ces ministres qui ne sont pas du RPG qui sont venus autour de la table, c’est eux qui organisent l’événement depuis 3 jours. Je ne vois vraiment pas qu’est-ce qu’il y a d’extraordinaire. Mais aujourd’hui le pouvoir en Guinée c’est l’argent, les forces de défense et de sécurité contre les populations guinéennes. Voilà ce n’est rien d’autre. Donc nous on ne s’attend pas à grand chose autre que ce que nous avons vu mais nous demeurons sur nos positions à savoir nous ne reconnaissons pas les élections passées et nous ne reconnaîtrons jamais le 3ème mandat.
Quelles sont les chances pour l’opposition d’empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat ? 
L’opposition dans tous les pays du monde manifeste. Voilà ce que nous faisons. On discute si on a des gens raisonnables en face de nous. On engage des discussions avec la communauté internationale comme nous l’avons vu dans un pays à côté dernièrement. Dans notre cas le Gouvernement guinéen refuse de recevoir les délégations de la CEDEAO. Alors après ça on se cache derrière des questions de souveraineté. Mais c’est toujours bien quand ces souverainetés pour le président mais pas pour le peuple de Guinée.
Serez-vous candidat à l’élection présidentielle du 18 octobre même si Alpha Condé décidait de défendre les couleurs du RPG Arc-en-ciel ? 
Ça dépend de ce qui va se passer sur le plan international. Ce que nous savons ce que nous ne reconnaissons pas le ficher qui est là. Il doit être revu et corrigé, nous le savons tous. Il y avait 2, 3 millions de personnes qui figuraient dans ce fichier, qui n’ont jamais été sorties de là. Nous savons que ces 3 millions d’électeurs ont déjà leurs cartes d’électeurs qui ont été imprimées. Il faut qu’on arrête d’amuser la galerie. Donc c’est toutes ces choses là qu’il faut régler. Le fichier électoral, le 3ème mandat pour que vraiment les conditions soient réunies pour qu’on puisse aller à quelque chose de différent de cet étalage qu’on nous a fait d’ailleurs en catimini parce qu’il y avait tellement de forces de l’ordre là-bas, tu te demandais si c’est la convention d’un parti ou si on était venu protéger je ne sais qui. Vous prétendez être les responsables, ceux qui sont là pour défendre la population, mais vous vous barricadez derrière les forces de l’ordre comme si vous vous méfiez de votre propre peuple.

Qu’est-ce qu’il faut pour que vous intégriez le processus électoral ?
On n’a pas été aux élections législatives, mais le 18 octobre n’est pas un processus électoral, c’est une élection qui a été fixée par Alpha dans les conditions qu’il a préparées lui-même, en se fabriquant des constitutions. Une fois qu’on les a votées, il a amené avec un crayon et une gomme, il a changé 17 ou 21 articles. Vous pensez qu’il s’agit d’un pays là ? Nous avons deux constitutions en circulation qui n’ont aucune valeur juridique aujourd’hui. Donc la seule constitution qui vaille c’est celle de 2010. Si on n’a pas réglé ces questions vous voulez qu’on aille faire quoi ? A discuter avec qui ?

 

Entretien réalisé par Ahmed Tounkara

Pour Africaguinee.com

Transmis par la Cellule de Communication de l’UFR



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