Signal, Telegram… Ces applications qui profitent de la fuite des abonnés de Whatsapp – Edition du soir Ouest France

Signal, Telegram : depuis quelques jours, ces applications de messagerie enregistrent une forte augmentation du nombre de leurs utilisateurs.

La raison ? La mise en place de nouvelles conditions d’utilisation de WhatsApp, utilisée par environ deux milliards de personnes dans le monde. Le 7 janvier 2021, l’entreprise a indiqué qu’elle partagerait davantage de données avec sa maison mère, Facebook, à compter du mois de février.

Beaucoup d’utilisateurs s’en sont émus, et ont décidé d’utiliser des applications jugées plus sécurisées, d’où cette explosion du nombre de téléchargements. Focus sur ces deux applications qui ont fortement bénéficié des annonces de WhatsApp et qui permettent, elles, d’échanger des messages, des photos ou des vidéos, ou de passer des appels depuis un smartphone.

Signal, la messagerie qui monte

En France, Signal était l’application la plus téléchargée, mercredi 13 janvier, sur Google Play, la boutique d’application de Google. (Photo d’illustration : Lionel Bonaventure / AFP)

Les chiffres : Du 28 décembre au 4 janvier, Signal a été téléchargée 246 000 fois, à l’échelle de la planète. La semaine suivante, soit après les annonces de WhatsApp ce chiffre est passé à… 8,8 millions.

C’est ce qui ressort de données livrées par le cabinet d’analyse Sensor Tower et relayées par la BBC, la radiotélévision britannique. En fin de semaine dernière, cette explosion des inscriptions a engendré des problèmes techniques : l’envoi des codes de vérification, nécessaires pour utiliser l’application, a été retardé, a expliqué l’entreprise sur Twitter.

Comment ça fonctionne ? Signal propose un chiffrement de « bout en bout », c’est-à-dire que personne n’est censé pouvoir lire vos messages ou écouter vos appels. Une fonction d’ailleurs proposée par WhatsApp.

La différence, c’est que Signal est développée par une fondation américaine sans but lucratif, la Signal Foundation. WhatsApp a été racheté par Facebook, et le nom du réseau social est apparu dans plusieurs dossiers liés à l’utilisation des données personnelles, comme le scandale Cambridge Analytica.

L’autre différence, c’est que si les conversations sont bien chiffrées sur WhatsApp, la plateforme a tout de même accès à des données personnelles, comme votre numéro de téléphone, souligne le site spécialisé américain Wired . Signal assure n’avoir accès qu’à deux informations sur ses utilisateurs : la date de création du compte, et celle de la dernière utilisation de l’application.

Pourquoi ça marche ? Ces derniers jours, Signal a pu compter sur plusieurs gros coups de publicité. Le 7 janvier, Elon Musk, le fondateur, notamment de l’entreprise spatiale Space X, publie ce message, sur le réseau social Twitter : « Utilisez Signal ». Celui qui est devenu l’homme le plus riche du monde compte plus de 42 millions d’abonnés sur Twitter.

Ce message d’Elon Musk invitant à utiliser Signal a été très partagé, sur le réseau social Twitter. (Capture d’écran : Twitter / Elon Musk)

Un autre message publié sur Twitter le 7 janvier a fait l’éloge de l’application. Il est signé Edward Snowden, l’ex-analyste du renseignement américain devenu lanceur d’alerte. Répondant à une question sur la fiabilité de l’application, il écrit ceci : « Je l’utilise tous les jours et je ne suis pas encore mort ». 

Une manière de louer l’efficacité de dire que ses conversations n’ont pas été écoutées et que ses messages n’ont pas été lus.

« Je l’utilise tous les jours et je suis encore en vie », dit Edward Snowden dans ce message publié sur Twitter. (Capture d’écran : Twitter / Edward Snowden)

À noter que Signal a bonne réputation depuis plusieurs années déjà. Un exemple : l’an dernier, la Commission européenne avait demandé à ses équipes d’utiliser la messagerie, comme le soulignait à l’époque le magazine Politico .

Telegram, la plus forte augmentation

Le logo de l’application Telegram. (Photo d’illustration : Dado Ruvic / Reuters)

Les chiffres : La semaine du 28 décembre au 3 janvier, Telegram avait été téléchargée 6,5 millions de fois. Du 4 au 10 janvier, ce chiffre était de 11 millions, toujours selon les données de Sensor Tower rapportées par la BBC.

Mardi 12 janvier, la messagerie a indiqué, sur Twitter, avoir enregistré 25 millions de nouveaux utilisateurs au cours des dernières 72 heures, et revendique désormais plus de 500 millions d’utilisateurs actifs.

Telegram a revendiqué plus de 500 millions d’utilisateurs actifs. (Capture d’écran : Twitter / Telegram Messenger)

Comment ça fonctionne ? Telegram propose elle aussi une fonction de cryptage de bout en bout… Mais pas tout le temps.

« Son principal défaut concerne la manière dont elle aborde la sécurité des communications. En effet, le mode le plus sécurisé n’est pas activé par défaut. Il faut aller en effet dans les options de l’application pour l’enclencher pour une conversation », note le site spécialisé Numerama . La messagerie assure également qu’avec ses protocoles de sécurité, elle est « plus sécurisée » que des plateformes comme WhatsApp.

Telegram a été fondée par deux frères russes, Pavel et Nikolai Durov. « La messagerie n’a aucun business model, ni publicité, ni abonnement : tout est financé par la fortune personnelle des Durov », note encore Numerama, dans un autre article.

Selon la revue financière américaine Forbes , Pavel Durov pèserait plus de 2,7 milliards d’euros.

Pourquoi ça marche ? Le nom de Telegram revient dans les conversations sur la protection des données personnelles depuis plusieurs années maintenant. « La messagerie a notamment enregistré un succès fulgurant dans le contexte des révélations de surveillance à grande échelle de l’ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden, réfugié en Russie », indiquait l’Agence France-Presse en 2018.

Cette même année, Telegram avait refusé de donner au FSB, le renseignement russe, des « clés » permettant de déchiffrer des messages des utilisateurs. Les autorités russes avaient ensuite essayé de bloquer la messagerie, sans succès selon l’agence Reuters, avant de l’autoriser à nouveau en 2020.

Mais le nom de Telegram est aussi associé à des controverses. Après les attentats de Paris, en 2015, plusieurs médias avaient souligné l’utilisation de Telegram par des terroristes. la messagerie avait bloqué des milliers de comptes liés au groupe terroriste État islamique. En 2016, Patrick Calvar, alors à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure française, avait qualifié Telegram de « principal réseau utilisé par les terroristes ».

Source ici

Leave a Response

trois × deux =

Résoudre : *
17 × 8 =