Il y avait pourtant matière à débattre pour la presse avant la visite inopinée des éléments des forces spéciales au groupe de presse Djoma Médias.

Jusqu’à cette triste et mémorable soirée, qui fera désormais date, toutes les attentions étaient focalisées sur un double évènement : la publication de l’ossature du futur gouvernement et la prise de fonction du nouveau premier Ministre qui n’a pas attendu longtemps pour être dans la plénitude de ses prérogatives.

D’un air tantinet pressé, Mohamed Beavogui particulièrement enchanté par un poste qui lui est plusieurs fois passé sous la main et pour lequel il a brisé, cette fois, le mystère de son intention d’en avoir vaille que vaille, fait déjà face au défi de former un gouvernement qui devrait combler les attentes.

En cela, il peut se laisser inspirer par Aristote, selon lequel, un bon gouvernement est celui dans lequel il y a le moins d’hommes inutiles.

Ce combat ne devrait pas être facile contre une junte au pouvoir dont le trident de responsables pour le moment connu au sommet, ne sont pas des habitués de l’administration Guinéenne et de ses dossiers aussi vastes que complexes.

Au-delà, c’est une junte avide de tout essayer, qui déborde d’actions clinquantes, et qui commence à avoir, hélas ; la réputation de surprendre.

En effet, l’écart se creuse entre des déclarations de bonne intention et les actes sur le terrain.

Promouvoir les bonnes pratiques démocratiques qui devenaient rares, faire de la justice la boussole de toutes les actions menées sous la transition, sont notoirement des promesses qui font recette et qui ont imprudemment accru la légitimité et le capital de crédit des putschistes.

Pour bien d’observateurs, cet espoir est en train de s’effilocher. Les mauvaises pratiques qui ont la peau dure, se perpétuent pour devenir une mode de gestion du pays. C’est tout comme la vengeance des supposés vaincus d’hier et d’autres frustrés du régime déchu.

Le cas du groupe Djoma Médias est saisissant. L’attaque contre ce media qui a déjà ses comptes gelés, ainsi que d’autres dérives dont se sont rendus coupables des éléments des forces spéciales aux commandes du pays , sont la preuve de la propension de la haine et l’envie de nuire à travers le règlement le compte.

Par ces comportements de ces forcenés, la démocratie est en danger. C’est un péril sans gloire. L’histoire est en train de se réécrire.

Il y a donc un gros risque de dévoiement de la transition. C’est aussi l’autre défi, le plus important d’ailleurs, qui attend le nouveau locataire du palais de la colombe. Il s’agit pour lui de demander des comptes à tous les anciens dignitaires, sans toutefois verser dans l’excès et surtout ne pas permettre la chasse aux sorcières.

Mognouma Cissé

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