« Le pic épidémique de la seconde vague a été franchi », selon Santé publique France

Le pic de la seconde vague de l’épidémie de Covid-19 en France a vraisemblablement été franchi, a estimé vendredi 20 novembre l’agence sanitaire Santé publique France, qui appelle toutefois à maintenir les « mesures de prévention ».

« Même si les indicateurs restent à des niveaux élevés, leur observation suggère que le pic épidémique de la seconde vague a été franchi », a expliqué l’agence sanitaire dans un communiqué accompagnant la publication de son point épidémiologique hebdomadaire. Des propos rassurants tempérés vendredi par Daniel Lévy-Brühl, épidémiologiste et responsable de l’unité des infections respiratoires de Santé publique France, lors d’une conférence de presse vendredi matin :

« Le pic des contaminations est vraisemblablement passé. Mais il y aura trois pics : un pic sur les contaminations, un pic sur les hospitalisations et un pic sur les décès et, évidemment, ces pics ne sont pas synchrones, ils sont décalés dans le temps. »

  • Des résultats liés à « la mise en place du couvre-feu »

Selon Santé publique France, « les résultats actuels permettent de constater une diminution franche de tous les indicateurs, plus marquée dans les premières métropoles mises sous couvre-feu ». L’agence sanitaire estime que ces mesures ont eu « un effet direct » : c’est, en effet, ce que semble prouver « la temporalité entre la mise en application du premier couvre-feu et l’inversion de la tendance une dizaine de jours plus tard ».

Les premiers couvre-feux avaient commencé le 17 octobre dans certaines métropoles (dont Paris, Lyon ou Marseille), au moment où commençaient les vacances de la Toussaint. La deuxième salve de couvre-feux avait débuté dans d’autres métropoles (dont Nice) le 24 octobre. Puis le confinement avait pris effet dans toute la France à partir du 30 octobre.

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Pour la semaine du 9 au 15 novembre, on observe une baisse simultanée du nombre de nouveaux cas de contamination confirmés (− 40 %), des hospitalisations (− 13 %) et des admissions en réanimation (− 9 %). Le nombre de morts, lui, « semble se stabiliser pour la première fois après plusieurs semaines d’augmentation » : il s’est élevé à 3 756 pour la semaine du 9 au 15 novembre, contre 3 817 pour la précédente.

« Les indicateurs s’améliorent, la dynamique épidémique s’est réduite (…). Mais la pression sanitaire reste extrêmement élevée dans notre pays et nos hôpitaux sont encore en situation de très forte charge en termes de malades, avait commenté la veille le ministre de la santé, Olivier Véran. Ce n’est pas parce que ça baisse que c’est bas. »

Le ministre a rappelé que le niveau de contaminations correspondait à celui qui avait motivé à la mi-octobre « la mise en place du couvre-feu dans un certain nombre de métropoles », avant « l’annonce du confinement par le président de la République ».

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  • La possibilité de se déplacer pendant les fêtes pas encore confirmée

Les Français peuvent déjà réserver leurs billets de train pour les vacances de Noël, mais il est encore trop tôt pour dire si les trains pourront circuler, a déclaré vendredi le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari.

« L’évolution de la situation sanitaire dira (…) quels sont les déplacements possibles » pendant les fêtes, a rappelé M. Djebbari sur Europe 1. « On voit bien qu’aujourd’hui c’est plutôt positif mais encore fragile », a-t-il ajouté, renvoyant à de prochaines annonces du président de la République « pour remettre cette visibilité-là ».

Dans la pratique, la SNCF – qui a actuellement supprimé 70 % de ses TGV pour cause de confinement – a prévu de faire circuler tous ses trains du 15 décembre au 4 janvier, et les réservations sont ouvertes. Elle attend une validation du gouvernement, qui interviendrait à la fin de novembre ou au début de décembre, pour pouvoir préparer son matériel.

« Vous pouvez réserver votre billet pour Marseille. Ce que moi, comme ministre des transports, je ne peux pas vous garantir, c’est que les déplacements seront possibles pour des motifs de loisirs », a expliqué Jean-Baptiste Djebbari. « Les Français peuvent réserver sans risque puisque les billets sont échangeables et annulables sans frais jusqu’au dernier jour. »

  • « Nous sommes sur la bonne voie » pour rouvrir les petits commerces « autour du 1er décembre »

Jean Castex a estimé vendredi 20 novembre que « nous sommes sur la bonne voie » sur le plan de l’amélioration des indicateurs sanitaires pour envisager une réouverture des petits commerces « autour du 1er décembre ». Les conditions de réouverture des enseignes dites non essentielles, fermées depuis le 30 octobre en France, font l’objet de négociations entre le ministère de l’économie et les acteurs de la distribution. « Les dates seront données la semaine prochaine », a précisé M. Castex lors d’un déplacement à Crozon, dans le Finistère.

Le premier ministre a alors rappelé la condition pour cette réouverture : amélioration des indicateurs sanitaires et des protocoles adaptés. « Si on continue nos efforts, effectivement, ça permettra de vous rouvrir (…) nous l’espérons, autour du 1er décembre, c’est-à-dire le plus vite possible », a-t-il précisé lors d’une discussion avec une commerçante.

Une réunion a lieu vendredi 20 novembre entre le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et les acteurs du commerce, afin de définir un protocole sanitaire renforcé permettant la réouverture des magasins.

Jeudi 19 novembre, à l’issue d’une réunion à Bercy, les acteurs de la distribution et du commerce en ligne, dont Carrefour et Amazon, ont accepté de reporter d’une semaine, au 4 décembre, les opérations promotionnelles du « Black Friday » à la condition que tous les commerces puissent rouvrir d’ici là.

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  • Des tests antigéniques dans des lycées d’Ile-de-France

Des opérations pilotes de dépistage du Covid-19 à l’aide de tests antigéniques vont être menées dès lundi 23 novembre dans une trentaine de lycées d’Ile-de-France, à destination des personnels et des élèves volontaires.

« Ces opérations pilotes se dérouleront sur plusieurs semaines dans une trentaine de lycées répartis sur l’ensemble de la région Ile-de-France », annoncent dans un communiqué l’agence régionale de santé (ARS), la région académique Ile-de-France et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP).

Les établissements d’enseignement scolaire « font partie des lieux prioritaires de déploiement des tests, afin de garantir l’effectivité du droit à l’instruction tout en offrant le plus haut niveau de protection aux élèves, aux professeurs et à l’ensemble des personnels », poursuit le communiqué, et « un déploiement à plus grande échelle est prévu ».

A ce jour, le nombre de classes fermées à cause du Covid-19 augmente, avec 222 classes et 20 établissements scolaires à l’arrêt, selon les chiffres publiés vendredi 20 novembre par le ministère de l’éducation nationale. La semaine dernière, il recensait 142 classes et 21 établissements fermés.

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Le Monde avec AFP

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